88,9 % des électeurs kirghizes ont élu Bakiev comme président (juillet 2005)
2011-10-28

Les résultats à la sortie des urnes dimanche 10 juillet donnent Kourmanbek Bakiev largement gagnant des élections présidentielles. Le pouvoir au Kirghizistan change enfin de mains après plus de deux décennies sous la coupe d'Askar Akaev.

Dimanche 10 juillet, près de 2,6 millions d'électeurs kirghiz ont élu le président par intérim Kourmanbek Bakiev au poste de président officiel de cette petite république d'Asie centrale qui compte cinq millions d'habitants. Cette victoire n'est pas une surprise, notamment depuis l'alliance passée entre Bakiev et Felix Koulov, réunissant ainsi le Nord et le Sud du pays en vue des présidentielles. Ce « ticket gagnant » a rassemblé 88.9 % des voix, selon les résultats officiels annoncés par le chef de la Commission centrale électorale du Kirghizistan,Tuigunaaly Abdraïmov. Le délégué aux droits de l'homme Toursounbaï Bakir et le leader de l'Union des industriels et des entrepreneurs Akabaraly Aïtikeev arrivent loin derrière en deuxième et troisième positions avec respectivement 3,73 et 3,63 % des voix restantes.

La surprise de cette élection est la bonne participation, qui légitime un peu plus Bakiev à la tête du pouvoir. Pour que les élections soient validées, il fallait que 50 % des électeurs plus un se prononcent, objectif atteint dès 16 heures dimanche. Plus de la moitié des kirghiz ont donc voté hier, malgré une chaleur exceptionnelle (40 °), qui risquait d'en décourager certains. Les élections se sont déroulées dans le calme, alors que des tentatives de contre-révolution étaient à craindre, selon la ministre des Affaires étrangères Roza Otounbaïeva. La tension était effectivement palpable les jours qui ont précédé le vote. Depuis le mois de mars, le Kirghizistan vit dans l'incertitude suite au renversement d'Askar Akaev, toujours en exil en Russie sous la pression populaire.

La Cour constitutionnelle de la République doit proclamer les résultats officiels dans la semaine suivant le scrutin. L'investiture de Kourmanbek Bakiev pourrait avoir lieu début août. Reste à voir si l'union sacrée avec Felix Koulov tiendra, ce dernier devant maintenant être promu au poste de Premier ministre. De cette union dépend la relative homogénéité entre le Nord et le Sud du pays, chacune des régions ayant désormais son leader au pouvoir.

Le président de la CEI (Communauté des Etats Indépendants), Vladimir Rouchaïlo, s'est d'ores et déjà réjouit des résultats de cette élection, qui "apporteront la stabilité au Kirghizistan".
Participant à ce scrutin en tant qu'observateur pour la CEI, il a estimé que Koulov avait fort justement « sacrifié ses ambitions politiques » pour que le calme revienne dans son pays et il espère que ce tandem se maintiendra par la suite, selon ses déclarations à l'agence de presse russe RIA Novosti.

Le scrutin de dimanche s'est passé dans des conditions "ouvertes et populaires", ont estimé les 280 observateurs du CIS, le Commonwealth of Independant States. Du côté des ONG kirghizes particulièrement vigilantes et impliquées dans la vie politique du pays depuis la "Révolution des Tulipes", le bilan est également très positif: "Ces élections reflètent la volonté du peuple kirghize", a estimé Edil Baïsalov, président de la Coalition pour la démocratie et la société civile, forte de 200 observateurs.