Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie : le développement humain en chiffres (2005)
2013-01-11

Arménie 83ème, Géorgie 100ème et Azerbaïdjan 101ème sur 177 pays selon les Nations Unies

Le volumineux rapport mondial sur le développement humain, version 2005, publié sous l'égide du Programme des Nations Unies pour le Développement soulève des débats d'experts sur la méthodologie utilisée et sur la fiabilité des données statistiques disponibles. Il a pourtant le mérite de constituer un outil exceptionnel d'appréciation des tendances nationales en terme de développement, de pauvreté et de participation des femmes. Les classements publiés ont été établis sur la base des données de l'année 2003.

L'indicateur de développement humain

(IDH) calculé reflète trois domaines, la longévité et la santé par le biais de l'espérance de vie à la naissance, l'instruction et l'accès au savoir par le biais des taux d'alphabétisation et de scolarisation, le niveau de vie par le biais du Produit Intérieur Brut par habitant.

L'Arménie avec 0,759 se situe en 83éme position, loin derrière la Fédération de Russie avec 0,795, elle-même en 62ème position; pour ces deux pays les premières données statistiques disponibles remontent à 1990, l'IDH progressant après une période de régression.

La Géorgie avec 0,732 et l'Azerbaïdjan avec 0, 729 se situent aux 100 et 101èmes places, sur les seules données statistiques de 2003.

La Turquie avec 0,750, pour laquelle les données statistiques sont disponibles depuis 1975, se situe à la 94ème place.

L'indicateur sexo-spécifique du développement humain

(ISDH), calculé en différenciant selon le sexe l'espérance de vie à la naissance, les taux d'alphabétisation et de scolarisation, le revenu estimé du travail, a été établi pour 140 pays : l'Arménie se situe à la 62ème position, la Turquie à la 70ème et l'Azerbaïdjan à la 77ème.

L'indicateur de la participation des femmes

(IPF), calculé à partir des pourcentages de femmes occupant des fonctions parlementaires, de représentation de direction et d'encadrement supérieur, de part estimée de revenu du travail des femmes sur celle des hommes, a été établi pour 80 pays : la Fédération de Russie se situe à la 60éme place, la Géorgie à la 67ème et la Turquie à la 76ème.

Parmi les dizaines de milliers de données publiées. deux séries d'entre elles illustrent particulièrement le contraste constaté en terme de "développement humain" entre l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie,

l'évolution du Produit Intérieur Brut par habitant de 1990 à 2003

:
- + 2,8% pour l'Arménie (918 dollars annuels par habitant en 2003),
- +1,3% pour la Turquie (3 399 dollars),
- -1,5% pour la Fédération de Russie (3 018 dollars),
- -2,6% pour l'Azerbaïdjan (867 dollars),
- -2,7% pour la Géorgie (778 dollars),

les prévisions d'évolution démographique de 1975 à 2015

:
- 41,2 à 82,6 millions pour la Turquie,
- 5,7 à 9,1 millions pour l'Azerbaïdjan,
- 2,8 à 3 millions pour l'Arménie,
- 134 à 136 millions pour la Fédération de Russie,
- 4,9 à 4,2 millions pour la Géorgie.

Si la proximité de géants économiques et démographiques, à l'échelle régionale, portent en elle-même un facteur inévitable de différenciation du "développement humain" dans les trois pays du Caucase Sud, il n'est pas le seul.

Les aides internationales en constituent un autre, aides bilatérales comme celles de la Fédération de Russie à l'Arménie, ou celles des Etats-Unis à l'Azerbaïdjan et à la Géorgie (sans oublier la Chine qui s'éveille au Caucase), ou aides multilatérales à l'échelle des organismes internationaux mondiaux et régionaux.

Les cultures nationales et la volonté des classes dirigeantes de s'engager réellement sur cette voie constituent un troisiéme facteur de différenciation ; il joue certainement au moins autant que les autres.

source des données www.undp.org.