Géorgie : appel à l'Union européenne (octobre 2005)
2012-03-05

Résolution des questions abkhazes et ossètes

Depuis 18 mois, l'Union européenne n'a pas été tout à fait absente des actions en cours en Géorgie, aide alimentaire de première urgence, aide financière à court et moyen terme, aide judiciaire ... Pourtant dans son rapport de force avec la Russie de Vladimir Poutine, la Géorgie de Mikheil Saakachvili semble se souvenir que Bruxelles peut être un partenaire utile à la résolution des conflits russo - géorgiens pendants.

Lors d'une conférence de presse à Tbilissi le 29 septembre 2005, en présence de la présidente de la Finlande, Tarja Halonen, le président géorgien, Mikhail Saakachvili, a lancé un appel solennel à l'Union Européenne afin que Bruxelles s'implique plus dans la résolution des questions abkhazes et ossètes.

Quelque 250 000 Géorgiens ont du quitter ces territoires depuis plus d'une décennie et constituent actuellement encore une population déplacée de l'intérieur.

Des "forces de paix" russes y assurent le cessez-le-feu et encouragent selon Tbilissi la sécession et les trafics en tout genre.

Mikheil Saakachvili soulève un point essentiel pour les Géorgiens, "la principale question n'est-elle pas que la Russie devrait se demander où finissent ses frontières ? Je peux dire que ce que fait la Russie en Abkhazie et en Ossétie du Sud comporte tous les éléments d'une violation du droit international".

Il ajoute que la Géorgie est déterminée à résoudre ces conflits pacifiquement et que le développement économique l'y aidera : " Nous construisons des routes, des écoles, des hôpitaux ... aujourd'hui la Géorgie n'a nul besoin de trouble ... c'est absolument clair pour nous".

Il estime que l'implication de l'Union européenne dans le processus de paix est "absolument décisive" et que "l'Europe devrait être plus active" .

En réponse, Tarja Halonen a noté avec intérêt la volonté du président géorgien de résoudre pacifiquement ces conflits ; elle a confirmé que la représentante spéciale de l'Union Européenne dans le Caucase Sud, la diplomate finnoise Heikki Talvitie, suivait de très prêt la situation en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

Il convient de rappeler que les autorités nationales géorgiennes mènent depuis plusieurs jours une offensive diplomatique pour l'internationalisation du processus de paix en Abkhazie et en Ossétie du Sud. La ministre des affaires étrangères est intervenue en ce sens à New York à l'Assemblée générale des Nations unies. Le ministre d'Etat chargé des conflits est intervenu auprès des autorités russes à Moscou pour qualifier d'inéquitable la commission actuellement en place. Enfin la présidente du Parlement géorgien a déclaré qu'une motion serait prochainement votée fixant une date limite au départ des "forces de paix" russes de Géorgie.

Jusqu'à présent les sollicitations diplomatiques vis-à-vis de l'Union européenne étaient restée relativement discrètes et semblaient plus souvent tournées vers les Etats-Unis.