Géorgie et France : Kakoutsa Tcholokhachvili (1888-1930), héros national
2012-05-06

Kakoutsa Tcholokhachvili (14 juillet 1888 - 27 juin 1930) est un héros national pour les Géorgiens du monde entier. Ce qu'il fit à la tête des ses deux cents cavaliers en août 1924 fut héroïque. L' Armée rouge était la plus forte et mit fin à l'insurrection nationale géorgienne dans le désespoir : 7000 insurgés furent immédiatement fusillés.

Kakoutsa est né dans la famille du Prince Joseph Tcholokhachvili dans le village de Matani (Kakhétie). La famille de Tcholokhachvili donnait un rôle important à la vie politique et militaire depuis des siècles. Il était le descendant direct du Prince Bidzina Tcholokhachvili, chef éminent de la révolte contre la loi perse en Kakhétie en 1654.

Après des études au lycée de Tiflis, Tcholokhachvili devient officier dans un Régiment de Dragons de l' armée russe. Il épouse Nino Mégvinétoukhoutsessi en 1913 et vit dans ses domaines jusqu'à la déclaration de la Première Guerre Mondiale.

La Ière guerre mondiale



Il combat l'armée austro-hongroise et est sévèrement blessé en 1914. Le Prince Tcholokhachvili est ensuite transféré sur le front du Caucase comme commandant d'une unité de formation. Durant l'offensive ottomane, il défend avec brio un fort stratégique, "Le Nid d'Aigle" et est sérieusement blessé une nouvelle fois. Après sa guérison, en 1915, il est envoyé en Perse pour prendre le commandement de la Cavalerie géorgienne sous les ordres du Général Baratov (Baratachvili) ; il effectue un raid en Mésopotamie et converge en 1916 avec le corps expéditionnaire britannique.

La Géorgie indépendante



En mai 1918, la Géorgie recouvre son indépendance et le Colonel Tcholokhachvili rejoint l'armée nationale. Il prend part aux campagnes militaires de la Ière République de Géorgie (République Démocratique de Géorgie) de 1918 à 1921. Il est nommé adjoint au Ministre de la Défense en 1919.

En février 1921, l'Armée rouge de la Russie soviétique envahit la Géorgie. Les pouvoirs géorgiens doivent abandonner la capitale Tiflis le 25 février et engager une retraite vers l'Ouest. En mars, à Batoumi, le Parlement géorgien demande au gouvernement de s'exiler pour continuer le combat.

La résistance à l'invasion soviétique



Tcholokhachvili refuse de quitter le sol national et organise en mars 1922 une petite force de guérilla, "les Conspirateurs de Géorgie", contre les forces bolcheviques. Le premier combat a lieu près de la ville de Signagui en juin 1922. A l'été, Tcholokhachvili et ses partisans organisent une révolte paysanne dans les montagnes de Khévsourétie. L'Armée rouge brûle entièrement plusieurs villages en représaille, Tcholokhachvili s'échappe en Tchétchénie voisine. Il revient en Géorgie en novembre et attaque l'Armée rouge à nouveau. Son frère Simon est tué dans une escarmouche. Les membres de sa famille sont arrêtés, son beau-père est exécuté. Tcholokhachvili participe également à plusieurs actions en 1923.

A Tiflis, en 1924, un comité secret d'insurrection s'est monté avec toutes les tendances politiques géorgiennes; il est dirigé par K. Andronikachvili. Ce comité demande le support du Gouvernement géorgien en exil à Leuville-sur-Orge : un certain nombre de personnes reviennent clandestinement en Géorgie, dont Noé Homériki ancien Ministre de l'Agriculture et Bénia Tchikhichvili ancien Maire de Tiflis.

Les partisans de Tcholokhachvili combattent désespérément et prenne la ville de Manglissi le 29 août, avant de partir pour les montagnes de l'Est de la Géorgie : ils attaquent dans la région de Douchétie, écrasent les unités de l'Armée rouge présentes dans le village de Svimoniant-Khévi le 3 septembre. Les nombreux efforts des Bolcheviques pour le capturer personnellement sont vains. Tcholokhachvili a son dernier engagement à Khév-Grdzé en Kakhétie à mi-septembre, d'où il réussit à s'échapper en dépit des tirs d'obus de l'artillerie soviétique appelée en renfort.

L'insurrection est globalement vaincue et durement réprimée. Des milliers d'insurgés sont arrêtés, torturés par la police politique la Tchéka ou exécutés. D'autres s'exilent. Tcholokhachvili perd ses derniers espoirs de libérer la patrie et fuit en Turquie avant d'émigrer en France.

L'émigration et la mort



Il y connaît une vie difficile et meurt de tuberculose en 1930. Il est enterré dans le "carré géorgien" du cimetière français de Leuville-sur-Orge. Cinq cents autres Géorgiens l'y rejoignent ensuite, dont ses compagnons les plus proches, Alexandre Badourachvili, Gabeau Berbitchachvili, Rapho Eristavi, Alexandre Kargarethéli et David Révasichvili.

Le rapatriement de sépulture en Géorgie



Après la restauration de l'indépendance de la Géorgie en 1991, le rapatriement de la sépulture de Kakoutsa Tcholokhachvili vers la Géorgie est à l'ordre du jour. Il a lieu en 2005 : le 19 novembre, une cérémonie solennelle accueille le héros national au Panthéon de Mtatsminda de Tbilissi.

Depuis plus de soixante-dix ans, en septembre, l'immigration géorgienne en France n'oubliait pas pourquoi Tcholokhachvili et les autres combattants anonymes de 1924, reposaient en terre française avec une poigné de terre géorgienne pour chacun. Désormais le peuple géorgien pourra faire de même à Tbilissi et penser aux insurgés de 1924 qui reposent à Leuville-sur-Orge.


Avec l'aide de l'encyclopédie Wikipédia


Voir aussi

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-[URL : 1646]

-[URL : 2039]

-[URL : 2070]

- photographie du général Kvinitadzé et du colonel Tcholokhachvili en exil en France [URL : http://samchoblo.org/agf_kvinitadze.htm]