Pologne : l'équipe minoritaire de Kazimierz Marcinkiewicz obtient la confiance du Parlement grâce aux populistes et à l'extrême droite (novembre 2005)
2012-02-07

Investi jeudi 10 novembre, grâce au soutien des populistes antilibéraux et de l'extrême droite catholique, le gouvernement conservateur de Kazimierz Marcinkiewicz dépendra du bon vouloir de ses nouveaux alliés pour appliquer à la Pologne les réformes qu'il avait annoncées.

Appuyé par son propre parti, Droit et Justice (PiS) des frères jumeaux Kaczynski, mais aussi par le parti populiste Autodéfense, l'ultra-catholique Ligue des familles polonaises (LPR) et le parti paysan PSL, il a obtenu jeudi soir une confortable majorité, 272 députés sur 460 ayant voté pour lui.

Le gouvernement était pourtant minoritaire sur le papier puisqu'il n'est composé que de responsables ou de sympathisants de PiS et que la formation compte seulement 155 députés. L'allié naturel des conservateurs, le parti libéral Plate-forme civique (PO) s'est rangé dans l'opposition, faute d'un accord avec PiS sur la composition du gouvernement et le programme de coalition. Les deux grands partis de droite avaient pourtant annoncé qu'ils gouverneraient ensemble avant les élections.

Le président de PiS Jaroslaw Kaczynski a laissé entendre après le vote qu'Autodéfense et son chef radical Andrzej Lepper pourraient entrer de façon plus formelle dans la coalition gouvernementale. "Si Andrzej Lepper persévère dans la même voie et continue à soutenir nos projets de lois pour réformer la Pologne, il pourra évidemment compter sur un changement de sa situation sur la scène" politique, a déclaré M. Kaczynski à la presse.

Le chef de la Ligue des familles polonaises Roman Giertych s'est immédiatement félicité de la nouvelle coalition, "bien meilleure que celle avec PO". Mais cette majorité très hétéroclite demeure un point d'interrogation pour les analystes qui se demandent comment Kazimierz Marcinkiewicz pourra mettre en oeuvre son programme. "La coalition de facto à quatre risque de s'enliser dans une surenchère de revendications socio-économiques", estime Stanislaw Mocek, politologue à l'Académie polonaise des sciences. "Réformer ne veut pas dire donner satisfaction à chacun. Je ne vois pas de changements structurels en perspective, en tout cas pas l'année prochaine", a-t-il déclaré vendredi 11 novembre.

"Tâche difficile"



M. Marcinkiewicz, en tout cas, se défend d'être l'otage des populistes, qui réclament rien moins que la renégociation du traité d'adhésion à l'Union européenne ou la fin de l'indépendance de la banque centrale. "Je ne me sens absolument pas pris dans les rets d'Andrzej Lepper. Mon gouvernement minoritaire aura la tâche difficile, mais je suis convaincu qu'il pourra gouverner selon son programme", a-t-il assuré.

Source : La libre Belgique/11 novembe 2005.