Géorgie et France : Coca Djakéli (1919-2005)
2010-03-12

Un des derniers représentants de l'émigration des années 1920 en France

Coca Djakéli (1919-2005) était l'un des derniers représentants de la population née en Géorgie et qui s'est refugiée en France après l'invasion de son pays par l'Armée rouge en 1921.

Ses parents, Nicolas et Thamar, l'avaient rebaptisé Jacques pour l'etat-civil français. Après une vie professionnele dans le négoce, notamment dans le secteur des antiquités, il s'était retiré au "château des Géorgiens" à Leuville-sur-Orge. Durant de nombreuses années il y avait entrenu le parc de plusieurs hectares dans des conditions matérielles parfois difficiles.

Son entregent, sa bonhomie méridionale, son sens de l'humour, et parfois son ironie acerbe, lui avait valu une certaine popularité auprès des jeunes générations géorgiennes récemment émigrées en France. Elles ne manquaient pas de rendre régulièrement visite à leur "baboua" (grand-père) de Leuville-sur-Orge. Elles avaient d'ailleurs marqué son dernier anniversaire par un "kéïpi" (repas de plusieurs heures, mêlé de discours et de chants), qui avait réuni plus d'une cinquantaine de personnes dans le salon de la résidence d'exil de la Ière République de Géorgie.

Lors de la visite de Mikheil Saakachvili à Leuville-sur-Orge, en mars 2004, Coca Djakéli avait apostrophé du haut de son perchoir, au premier étage, le jeune président de la Géorgie en dehors de tout protocole et de toute considération diplomatique, au grand dam des services de sécurité français et géorgien qui n'avaient pas anticipé la situation. Il avait souhaité "réussite et succès" à la nouvelle Géorgie de la part des émigrés des années 1920. Mikheil Saakachvili lui avait répondu sur le même ton "remerciant cette voix venue du ciel".

Le 6 décembre 2005, après la cérémonie religieuse assurée à l'Eglise Sainte Nino de Paris par le père Artchil Davrichachvili, et le père Guiorgui Skhiladzé, les obsèques de Coca Djakéli se sont déroulées au "carré géorgien" du cimetière de Leuville-sur-Orge. Les autorités officielles et la population française de la commune, les descendants des émigrations politiques des années 1920 et les jeunes émigrés économiques de ce début de XXIéme siècle vinrent lui rendre un dernier hommage. Un "kélékhi" (repas mortuaire, avec allocutions à la mémoire du défunt) réunissait ensuite les proches et les familles qui s'étaient déplacées.

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