A Kiev, huit pays de l'ancien bloc soviétique lancent une "Communauté du choix démocratique" (2005)
2012-03-12

Le président de l'Ukraine, Viktor Iouchtchenko, a accueilli le vendredi 2 décembre à Kiev les dirigeants de huit autres pays de l'ancien bloc soviétique pour le lancement d'un groupe régional visant la promotion de la démocratie et qui, selon lui, ne serait pas anti-russe.

"Le forum d'aujourd'hui commence un nouveau format de coopération entre les pays baltes, l'Europe de l'Est, les Balkans, la mer Noire et le Caucase", a déclaré M. Iouchtchenko aux présidents des huit pays (Estonie, Géorgie, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Moldavie, Roumanie, Slovénie) participant à la rencontre.

Cette initiative baptisée Communauté du choix démocratique "n'est pas dirigée contre des pays tiers, c'est un dialogue ouvert entre les partisans d'idées démocratiques et de la force de la loi", a assuré M. Iouchtchenko.

Elle "servira à tous les pays de la région dans leurs efforts communs visant à renforcer notre coopération régionale, à promouvoir la démocratie et à défendre les droits de l'homme", stipule une déclaration conjointe signée lors du forum.

Les participants ont aussi exprimé leur soutien aux ambitions pro-occidentales des ex-républiques soviétiques d'Ukraine et de Géorgie, où les anciens régimes ont été remplacés par des réformateurs à la suite de révolutions pacifiques au cours des deux dernières années.

Le président slovène Janez Drnovsek, dont le pays a rejoint l'Union européenne (UE) en mai 2004, a déclaré au cours de la réunion que l'intégration européenne "ne doit pas arrêter là où elle est actuellement". "Il est dans notre intérêt commun de continuer cette intégration", a-t-il souligné.

Pour sa part, le président américain, George W. Bush, a adressé à ce forum de Kiev un message de soutien, lu par la sous-secrétaire d'État américaine Paula Dobriansky.

"L'Amérique sera à vos côtés lorsque vous continuerez à faire avancer la démocratie et la sécurité", a promis M. Bush.

L'UE et les États-Unis qui ont soutenu M. Iouchtchenko lors de la «révolution orange» de l'année dernière souhaitent voir une alliance de pays pro-occidentaux à la frontière orientale de l'Europe.

De hauts responsables azerbaïdjanais, bulgare, tchèque, hongrois, polonais, slovaque et américain ont également participé à la réunion, alors que la Russie, qui y était aussi invitée, a dépêché un conseiller de son ambassadeur en Ukraine.

L'opposant bélarusse Alexandre Milinkevitch, présent à la rencontre de Kiev, a déclaré à l' AFP que les Russes avaient "le sentiment qu'on s'allie contre eux". "Je pense que c'est erroné et la Russie devra comprendre que ce n'est pas vrai", a-t-il estimé.

M. Iouchtchenko a pour sa part indiqué qu'il aurait été "très content" si Moscou avait été représentée "au plus haut niveau" au forum. "C'est un objectif évident et, de mon côté, je ferai tout" pour l'atteindre lors des prochaines réunions, a-t-il souligné.

Ces déclarations n'ont pas satisfait le dirigeant communiste ukrainien Petro Simonenko, un pro-russe qui a dénoncé la nouvelle Communauté du choix démocratique, la qualifiant d'"union régionale pro-américaine visant à faire avancer l'OTAN à l'est, vers la Russie", selon l'agence Interfax-Ukraine.

Ria-Novosti/3 décembre 2005