Géorgie : hommage aux conjurés de 1924
2012-06-13

Les compagnons de K. Tcholokachvili honorés

Si sous l'impulsion des autorités officielles, les médias géorgiens ont apporté le 19 novembre 2005 une large couverture aux cérémonies de départ de la sépulture du colonel Kakoutsa Tcholokachvili du cimetière de Leuville-sur-Orge vers le Panthéon de Mtatsminda de Tbilissi, les combattants anonymes de l'insurrection nationale de 1924, et plus particulièrement les compagnons du colonel géorgien, avaient été un peu oubliés.

Son Excellence Natia Djaparidzé et le Premier Conseiller de l'Ambassade de Géorgie en France, Zourab Eristavi (dont le grand-oncle faisait partie du détachement de Kakoutsa Tcholokachvili), ont tenu à honorer les compagnons du héros national le 17 décembre, à Leuville-sur-Orge. Des membres de la diaspora géorgienne en France qui les avaient connu et des historiens de l'Université d'Etat Ivané Djavkhishvili de Tbilissi se sont joints à la cérémonie.

Une poignée de terre prélevée au Panthéon de Mtatsminda était déposée sur les tombes d'Alexandre Badourachvili (1903-1982), Gabeau Berbitchachvili (1881 - 1949), Rapho Eristhavi (X-1977), Alexandre Kargaréthéli (1899-1983) et David Révasichvili (1887-1956). Leur souvenir était rappelé en quelques mots.

David Révasichvili, dit "Data", paysan de Kakhétie aux larges moustaches "gauloises", mérite une attention particulière. Il s'était installé dans une maisonnette derrière la mairie de Leuville-sur-Orge et y vivait de la culture de la terre. Il essayait parfois de régler armes au poing les questions de bornes cadastrales ... le curé catholique de la paroisse servant régulièrement d'arbitre !

Alexandre Kargaréthéli, dit "Sachiko", chauffeur de taxi dans la tradition des années 1920, passionné de courses hippiques, avait entretenu le mythe de Tcholokachvili, tout comme son ami et complice Alexandre Badourachvili. Ce dernier, chanteur à la voix remarquable, avait enregistré avec Maria Mériko (dramatuge française de l'après-guerre, de son vrai nom Maria Alikhanachvili) les premiers 78 tours de la diaspora géorgienne en France.

Une trentaine d'hommes appartenant au détachement militaire du colonel Tcholokhachvili avait réussi à gagner la France en 1924, cinq d'entre eux reposent à Leuville-sur-Orge.

La sépulture de Michel Lachkarachvili (1884-1952) fut également honorée. Commandant d'un détachement dans la province de Kartlie lors de cette même insurrection, il s'inscrivait dans la pure lignée des "bandits d'honneur" géorgiens qui au début du XXème siècle détroussaient les percepteurs russes (et le tsar) et redonnaient une partie des fonds à la population la plus démunie.

Ce pont symbolique entre la "Petite Géorgie" de Leuville-sur-Orge et le Panthéon de la "Grande Géorgie" contribue à reconstituer une certaine mémoire perdue depuis quatre-vingts années, les préoccupations géorgiennes du temps présent ayant tendance à faire oublier les évènements du temps passé.


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