Risques de grippe aviaire dans le Sud Caucase (2006)
2013-02-08

La découverte de centaines d'oiseaux morts dans la région de Masalin au sud de l'Azerbaïdjan a conduit à une série d'analyses scientifiques et à l'envoi d'experts de l'Organisation Mondiale de la Santé. Selon les autorités régionales, la grippe aviaire n'en serait pas la cause.

Cette information a pris une dimension particulière après le décès à l'hôpital de Van (Turquie) de trois adolescents originaires de Dogubayazit, à l'est du pays, touchés par le virus H5N1, et la détection d'autres foyers d'infection animale en Turquie (Aralik à proximité de l'Arménie, Igdir à proximité du Nakhitchevan en Azerbaïdjan, Sanliurfa au sud du pays), en Bulgarie, en Roumanie, en Ukraine (Crimée) et en Fédération de Russie (Astrakhan, delta de la Volga).

Ces trois décès portent à 145 le nombre de victimes du virus H5N1, depuis janvier 2004, dans six pays différents (Cambodge, Chine, Indonésie, Thaïlande, Turquie et Viêt-Nam).

Les régions incriminées, qui comptent des lacs, se trouvent généralement le long des voies de migration des oiseaux porteurs de virus.

Les abattages massifs de volailles domestiques se sont multiplisés ces dernières semaines, plus particulièrement en Turquie. L'approvisionnement en Tamiflu, seul remède, resterait problématique en cas de pandémie.

En octobre 2005, la Géorgie a interdit l'importation de poulet de Bulgarie, de Russie, de Roumanie et de Turquie. Elle a également lancé un plan de prévention de 500.000 dollars (achat de matériel de désinfection en Suisse et achat de médicaments).

En novembre 2005, l'Union Européenne a réuni à Athènes les responsables de la Santé des pays voisins (dont l'Arménie, la Géorgie, la Russie et la Turquie) afin d'essayer de se prévenir de la grippe aviaire.

Le 8 janvier 2006, la Géorgie déclare vouloir augmenter son stock de Tamiflu et tient des réunions d'urgence avec les producteurs locaux de volaille. Le 8 janvier, le ministre de l'Agriculture, Mikhaïl Simonichvili, déclare que les volailles domestiques retrouvées mortes la veille dans le district de Zestaponi ont été victimes du virus de Newcastle (NDV) et en aucun cas de celui de la grippe aviaire.

De son côté, l'Azerbaïdjan procède à l'interdiction des importations de poulets turcs et iraniens.

Rien ne permet de dire aujourd'hui que la situation est sous contrôle dans le Caucase Sud, ou ne l'est pas.

S'il est pourtant un domaine qui ignore les frontières, et les nationalismes locaux, c'est bien celui des migrations volatiles et des virus potentiels qu'elles portent. Les organismes internationaux (FAO et OMS) ne se lassent de le répéter, charge à chaque pays de prendre sa part de responsabilité.