Biélorussie : climat de campagne délétère à l'approche de la présidentielle du 19 mars 2006
2012-02-27

{« Le climat pré-électoral en Biélorussie est épouvantable »} a déclaré le 11 mars le Sénateur Sam Brownback, président du Comité Helsinki américain, ajoutant : {« Il est grand temps de mettre fin au climat de peur qui a imprégné la société biélorusse sous Alyaksandr Lukashenka ». }

Il est vrai que l'atmosphère qui préside à la campagne en vue de l'élection présidentielle du 19 mars fait plus penser à l'ancienne Union Soviétique qu'à un régime démocratique, avec des arrestations et des violences quotidiennes contre les opposants au régime, et la fermeture d'ONG et de journaux indépendants.

Parmi les plus récents accrocs à la démocratie, notons :
- Le 5 mars au soir, deux camions transportant 250 000 exemplaires du journal indépendant Narodna volya sont saisis à la frontière avec la Russie, où le journal est imprimé par crainte d'être fermé par les autorités biélorusses. Ces exemplaires montraient des photos de candidats et de partisans de l'opposition, ainsi que des journalistes, frappés par des agents de sécurité.
- Le 9 mars, la cour de Minsk a prononcé une sentence de 15 jours d'emprisonnement à l'encontre de Vintsuk Vyachorka, président du Front populaire et adjoint du principal candidat de l'opposition, Alyaksandr Milinkevich. Il avait été arrêté la veille, ainsi que trois autres opposants, pour l'organisation d'une réunion non autorisée. Le même soir, six autres supporters de Milinkevich ont été arrêtés lors d'une autre réunion.
- Deux jours plus tôt, le leader allié de Milinkevich, Anatol Lyebedzka, devait payer 750 $ pour les mêmes raisons. La même cour, le 7 mars, punissait le leader régional Uladzimir Shantsau de 15 jours de prison pour le même motif.
- Le 6 mars, la télévision biélorusse a censuré les passages considérés comme désobligeants pour le président en place dans les spots électoraux légaux des candidats Milinkevich et Kazulin.

Lukashenka aurait-il peur ? C'est peu probable. Même les mises en garde de la communauté internationale ne sont pas faites pour l'effrayer tant que son « parrain » Poutine le soutient. Et puis, comme le déclare David J. Kramer, secrétaire d'État adjoint U.S. pour les affaires européennes, Loukachenko est un homme conduit par « la paranoïa, la mégalomanie et la corruption ». C'est donc sur son sponsor russe que les gouvernants, américains, mais surtout européens, devraient faire pression pour que la « dernière dictature en Europe » tombe démocratiquement.

Vous pouvez suivre les incidents de cette période préliminaire aux élections du 19 mars en consultant le site de Radio Free Europe - Radio Liberty ([URL : www.rferl.org/specials/belarus_votes/]), ou sur celui de la Charte 97 ([URL : www.charter97.org/eng/news])


Texte original de Gilles Dutertre, correspondant du COLISEE à Vilnius, publié simultanément sur son blog [URL : http://gillesenlituanie.hautetfort.com].