Le différend entre l'Ukraine et le Turkménistan à propos du prix du gaz fait l'affaire de Moscou (2006)
2013-03-14

Achkhabad a menacé samedi 18 mars de cesser ses livraisons de gaz, car Kiev ne paie pas. En réponse, le ministre des Combustibles et de l'Energie Ivan Platchkov a déclaré que l'Ukraine n'avait pas reçu de gaz naturel turkmène en janvier-février 2006.

Pour 2006, Neftegaz Ukrainy dispose d'un contrat portant sur l'achat de 40 milliards de mètres cubes de gaz turkmène à 50 dollars les 1000 mètres cubes au premier semestre et à 60 dollars au second. Ce contrat est un compromis destiné à trouver une issue à l'augmentation par Gazprom à 230 dollars du tarif pour l'Ukraine. Après de longs débats, les parties ont convenu de mélanger le gaz turkmène, moins cher, et le gaz russe, plus cher, dans une proportion d'environ 2/1, ce qui a donné, en fin de compte, un prix moyen pour le tube ukrainien de 95 dollars les 1000 mètres cubes.

Le plus intéressant est qu'en principe l'Ukraine ne doit pas recevoir le gaz turkmène : il est fourni aux régions russes de l'Oural, mais, en échange, Moscou livre sa matière énergétique à Kiev au prix turkmène.

Selon Vladimir Jarikhine, vice-directeur de l'Institut des pays de la CEI (Communauté des Etats Indépendants), cet "échange" s'explique par l'avantage économique et son transport. Par conséquent, les griefs de Kiev contre les livraisons insuffisantes de gaz en provenance du Turkménistan sont, pour le moins, étranges, estime l'expert.

En perspective, Achkhabad ne tolérera pas longtemps les prix minorés de ses exportations. "En effet, il est impossible qu'un kilo de sucre de même qualité coûte 5 et 30 roubles dans un même magasin", fait remarquer Vladimir Jarikhine.

Si l'Ukraine ne trouve pas un langage commun avec le président turkmène, elle devra probablement faire de nouvelles concessions à la Russie, y compris la transmission totale ou partielle des réseaux de transport de gaz à Gazprom.

"La Russie souhaite contrôler les réseaux de transport, car elle a besoin de livrer du gaz à l'Ukraine. L'Ukraine a perdu sa dernière chance de recevoir des matières énergétiques à des prix inférieurs à ceux du marché en refusant de faire partie de l'Espace économique unique", estime Vladimir Jarikhine.

Source : Ria Novosti/20/03/06