Géorgie : les privatisations sont menées bon train (2006)
2012-04-02

Un ex-oligarque russe aux commandes

Pour la deuxième année consécutive le fruit des privatisations devrait largement dépasser 10% des ressources budgétaires annuelles de l'Etat géorgien : 1800 opérations ont été programmées d'ici 2010 par le ministre des Réformes économiques, Kakha Bendoukidzé.

A l'exception des chemins de fer, des lignes électriques haute tension, de l'usine hydroélectrique d'Ingurie et l'infrastructure principale de gazoduc, tout devrait être vendu.

Sur le plan national la polémique a fait rage sur deux points,
- la position personnelle de Kakha Bendoukidzé qui souhaitait que l'Etat géorgien vende également l'infrastructure principale de gazoduc (le russe Gazprom se disait intéressé),
- la place trop grande laissée aux investisseurs russes qui ont multiplié leur présence par un facteur 5 en Géorgie (dixit Vladimir Poutine lors de sa dernière rencontre à Saint-Petersbourg avec Mikheil Saakachvili). D'ailleurs aux yeux de l'opinion publique géorgienne, "la vente des bijoux de famille de la Géorgie" à des investisseurs étrangers est déjà en soi un traumatisme.

Le réplique de Kakha Bendukidzé a été cinglante, comme à l'accoutumée. Il déclarait dans un journal ukraïnien qu'en définitive "Gazprom a rendu un fier service en augmentant ses tarifs vis-à-vis de la Géorgie, de l'Ukraine et de l'Europe occidentale car il contribue à la rentabilité des projets de gazoduc trans-Caspienne et trans-mer Noire qui permettront d'acheminer par l'Azerbaïdjan le gaz kazakh vers ses pays".

Les investisseurs kazakhs après les investisseurs russes



Si les investisseurs russes sont particulièrement présents en Géorgie (notamment dans le domaine du vin alors que les importations de vin géorgien sont interdites en Russie !), le ministre géorgien des Réformes économiques a attiré les investisseurs kazakhs dans la foulée des accords d'Astana, en janvier 2006, entre les Présidents Nazabayev et Saakachvili. Les deux chefs d'Etat avaient convenu que le Kazakhstan devait devenir l'investisseur numéro 1 en Géorgie.

Le principe de la construction d'un nouveau complexe de raffinerie de pétrole en Géorgie, à hauteur de 350 millions, a été arrêté avec Moukhtar Ablyazov président de la Kazakh Bank TuranAlem (BTA) ainsi que celui d'un investissement de 200 millions de dollars dans l'infrastructure touristique de l'Adjarie.

Cette même banque a entrepris la reconstruction de l'hôtel Iveria à Tbilissi et la rénovation de la Place de la République, vaste projet évalué à 100 millions de dollars.

Dans le cadre des privatisations en cours, la Kazakh Bank TuranAlem a d'ores et déjà consacré 100 millions de dollars à l'achat de 20 hôtels en Adjarie et à celui de l'opérateur télécom géorgien UTCG (United Telecom Compagny of Georgia) pour 90 millions de dollars.

L'entreprise étatique kazakh KazTransGaz est devenue propriétaire du distributeur de gaz à Tbilissi, Tbilgazi, pour 12, 5 millions de dollars.

A côté de la Russie et du Kazakhstan, le duo Saakachvili - Bendoukidzé souhaiterait attirer d'autres investisseurs étrangers, comme la Chine par exemple (déjà présente dans les usines hydro-électriques) ou les Occidentaux.

Ces derniers restent prudents. S'ils ont investi dans des domaines rentables ou stratégiques, comme les vins et spiritueux, les eaux minérales, l'oléoduc B-T-C et le gazoduc B-T-E, ils ne se précipitent pas sur les privatisations géorgiennes et se méfient du peu de transparence dénoncé par certaines institutions internationales.

Il est difficile de prévoir l'apport budgétaire que représenteront d'ici 2010 ces privatisations ; au rythme actuel il sera de l'ordre de 2 milliards de dollars, c'est à dire de l'ordre d'une année de ressources budgétaires.



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