Géorgie : la Société Générale prend le contrôle de la Bank Republic (2006)
2011-03-09

Le 15 septembre 2006, la Société Générale a anoncé la prise de contrôle de la Bank Republic (60%), l'une des plus importantes banques géorgiennes. Pour sa part la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement a pris une participation de 10%.

Si le montant de l'opération n'est pas publié, la Société Générale renforce certainement à moindre frais sa stratégie de développement d'activité en Europe de l'Est.

De création récente, en 1991, après le recouvrement d'indépendance par la Géorgie, la Bank Republic possède aujourd'hui 21 agences dans la région de Tbilissi, y emploie 470 employés au service de 74 000 clients.

Elle contrôle une part de marché de 11% pour les dépôts, 8% pour les crédits et 30% pour les cartes de crédits.

Son profit a été de 3,2 millions d'euros pour l'année 2005, de 2,6 millions d'euros pour le 1er semestre 2006.

En termes de rentabilité la Bank Republic serait la 2ème banque géorgienne (33%, fonds propres 15 millions d'euros, actifs de 99 millions d'euros).

Par ailleurs la Bank Republic est l'actionnaire principal de la compagnie d'assurance géorgienne Aldégui.

Selon Jean-Louis Mattei, responsable de l'activité banque de détail à la Société Générale, la Bank Republic apporte son expertise de banque locale universelle (avec une augmentation de ses actifs de + 68% en 2005) et devrait devenir la première banque géorgienne dans les années à venir.

Selon Lasha Papashvili, responsable de la Bank Republic, l'expérience de la Société Générale devrait être non seulement bénéfique à son établissement, mais à toute l'économie géorgienne.

Un secteur bancaire en pleine maturation

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La "volatilité" des banques géorgiennes, importante durant les premiers mois qui ont suivi la Révolution des Roses en novembre 2003, s'est ralentie. Le pays compte aujourd'hui 21 banques majeures.

La russe VneshTorgBank contrôle l'United Bank of Georgia. La kazakh BankTorgAlem (dans laquelle la Banque Mondiale et la BERD ont des participations) contrôle la géorgienne Silk Road Group. La britannique London Investment Bank limited possède 25% de la Georgian Investbank. L'australienne Bank Australia Creditanstalt et l'ukrainienne Eat Capital Bering Ukraine Fund possèdent respectivement 9,9 et 5,5% de la Bank of Georgia. Les autres banques restent géorgiennes, avec TBC en tête.

Une économie en cours de restructuration

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Les privatisations et les investissements étrangers (russes, kazakhs, ukrainiens en particulier) ont conduit à de forts taux de croissance de l'économie (8% annuels en moyenne), non sans parfois générer des risques d'inflation (6% en 2005, mais avec une forte alerte en juin / juillet 2006).

Si la Géorgie demeure encore un pays à "risque", notament à cause des sécessions abkhazes et ossètes encouragées par la Russie, les positions économiques prises aujourd'hui ne seront plus à prendre demain. Hors participation au financement de l'oléoduc Bakou - Tbilissi - Ceyhan, les grandes banques françaises s'étaient tenues jusqu'à présent éloignées de la Géorgie. Il en était de même pour les grandes entreprises françaises, hors Total et Amec-Spie, hors l'exemple notable de Pernod Ricard dans l'agroalimentaire.

Enclavée entre la Russie et la Turquie, soutenue politiquement par les Etats-Unis, la Géorgie imagine aujourd'hui la recréation d'une "route de la soie" économique entre l'Asie et l'Europe, par la mer Caspienne et par la Mer Noire, vers les pays de l'Union Européenne. Sous cet angle, le "réveil" de la Société Générale, avec l'appui discret de la BERD, pourrait sonner le "réveil" des intérêts économiques européens, et français, dans cette région : il ne peut être qu'encouragé par les autorités officielles.



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