Opinion : Existe-t-il un risque islamique dans les Balkans ? (2006)
2012-12-18

Depuis le début des années 1980 et en s'appuyant sur les gouvernements successifs des Etats-Unis d'Amérique qui entretiennent de nombreuses bases militaires en Albanie, en Bulgarie, en
Roumanie, au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine et en Macédoine, la Turquie est tentée de jouer la
carte islamiste pour se mettre en évidence par rapport aux Américains et pour poursuivre quelques
rêves panturcs. Ainsi, elle se tourne vers l'Asie du centre et vers le Caucase pour y établir des
coopérations avec les nouvelles républiques indépendantes et sunnites. Elle s'intéresse tout autant
aux Balkans pour s'y montrer, d'une certaine manière, protectrice des communautés musulmanes
vivant au sein de la Serbie (au Kosovo et au Sandjak), en Bosnie-Herzégovine, en Bulgarie, en
Macédoine et surtout en Albanie.


Serait-ce une sorte de nostalgie ottomane pour l'empire perdu ou plutôt une nouvelle donne
géopolitique où la Turquie joue le rôle d'un satellite américain ? Pour beaucoup, il s'agit d'un
véritable "arc islamique" dont l'importance stratégique ne saurait être sous-estimé et ce, d'autant
plus que la politique turco-américaine bénéficie du financement et de l'appui d'un certain nombre
de pays islamiques dont l'Arabie Saoudite fort riche. Ce fut le cas dans les conflits de l'ex-
Yougoslavie où les interdictions du Sénat américain de vendre de l'armement aux pays en conflit
ont été contournées par cette aide indirecte des combattants musulmans. Il en serait de même en ce
qui concerne l'Albanie, puis actuellement le Kosovo et, demain peut-être, la Bulgarie, la Macédoine
ou la Roumanie.

Ces alliances se nouent sous l'égide des Etats-Unis. Ces derniers croient avoir, de cette façon, trouvé le
flanc vulnérable de l'Union Européenne afin d'affaiblir cette dernière. Sans vouloir considérer le
facteur religieux comme secondaire, il faut cependant bien reconnaître que ce facteur apparaît plus
comme un prétexte qu'un contexte, un moyen parmi d'autres de la stratégie internationale. L'Islam
lui aussi se trouve en fait fort fragmenté et, dès lors, en tant que religion, n'a guère de chance de
mener des croisades contre le monde chrétien, lui aussi assez mal en point du reste. Enfin, les idées
panturques ne semblent plus se trouver à l'ordre du jour des gouvernements turcs en ce début du
XXIe siècle.


Extrait d'une étude publiée sur Internet par Pax Christi Wallonie-Bruxelles, titrée
« Conflit balkanique : la situation religieuse
en Macédoine »
, sous la signature de Nicolas Bárdos-Féltoronyi, membre de la Commission « Europe : cultures et élargissement » de Pax Christi Wallonie-Bruxelles et professeur émérite de l'Université catholique de Louvain




Lire l'intégralité de l'étude sur le site :
- [URL : www.paxchristiwb.be/2005/queproposonsnous/ documents/PCWB-Conflitbalkanique_000.pdf]