Les relations politiques franco-géorgiennes (décembre 2008)
2013-12-11

La France a soutenu l'adhésion de la Géorgie aux instances internationales, Nations Unies et Organisation pour la Sécurité et la Coopération Européenne en 1992, Office Mondial du Commerce et Conseil de l'Europe en 1999, Organisation Internationale pour la Francophonie en 2004.

Adhésion à l'Union européenne


Les autorités françaises n'ont jamais formulé d'hypothèse concernant une éventuelle demande d'adhésion de la Géorgie à l'Union européenne, notamment après le vote négatif au référendum sur la Constitution européenne. Par contre elles soutiennent la Politique Européenne de Voisinage et l'accord signé entre Bruxelles et Tbilissi le 14 novembre 2006.

Adhésion à l'OTAN


Si la France a encouragé l'association de la Géorgie à l'OTAN dès 1994, dans le cadre d'un partenariat pour la paix, ensuite dans ceux d'un plan d'action de partenariat et d'un plan individuel pour la paix, elle a exprimé fin 2006 le souhait de ne pas voir l'OTAN s'élargir outre mesure. Cette position a été reconduite en 2008, aux sommets de l'alliance, en avril à Bucarest et en décembre à Paris, même s'il est reconnu à la Géorgie "le droit légitime d'y faire acte de candidature à terme". La guerre russo-géorgienne d'août 2008 n'a pu qu'encourager cette extrême prudence, dans l'esprit de ménager la Russie.

Les questions abkhaze et ossète


Historiquement, la France s'est toujours tenue aux positions de la communauté internationale, représentée par des observateurs des Nations Unies en Abkhazie (MONUG) et ceux de l'OSCE en Ossétie du Sud : elle reconnaissait l'appartenance de ces territoires sécessionnistes à la Géorgie tout en recommandant une solution pacifique. Elle a participé au Groupe d'Amis de la Géorgie (Allemagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) qui tentaient de rapprocher les points de vue abkhazes et géorgiens.

Selon certains analystes, puisque Paris disposait d'une "écoute particulière" de la part de Moscou, il aurait pu faciliter les solutions en proximité des positions de Tbilissi. Selon d'autres analystes, cette "écoute particulière russe" n'aurait pu être distraite des intérêts français sur les plans politiques (une certaine "différenciation" vis-à-vis des Etats-Unis) et énergétiques (l'approvisionnement en gaz). Il est vrai que d'autres pays fondateurs de l'Union européenne (Allemagne, Italie, voire Pays-Bas) ont accordé jusqu'en 2008 une priorité plus forte que la France au développement de leurs intérêts dans le Caucase du Sud.

La guerre russo-géorgienne d'août 2008


Quelles que soient les responsabilités initiales du déclenchement du conflit, le résultat est que l'armée russe a
- envahi le territoire géorgien en violation du droit international,
- aidé un peu plus l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud à se séparer de la Géorgie,
- agrandi le périmètre de ces républiques autoproclamées (haute vallé du Kodori pour l'une, ville d'Akhalgori pour l'autre).

La France -présidente de l'Union européenne- n'a pas condamné la Russie diplomatiquement.

Elle a préféré d'autres priorités, obtention d'un cessez-le-feu et retrait des troupes russes des autres territoires géorgiens.

Si la Géorgie lui en est redevable, elle doit en contrepartie subir la reconnaissance implicite d'une frontière internationale avec l'Ossétie du Sud, frontière matérialisée par des observateurs européens interdits d'accès dans la région sécessionniste.

Après la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par la Russie, la France a regretté diplomatiquement cette décision.

Des enjeux géostratégiques


Il est probable que la "proximité affichée" par Nicolas Sarkozy vis-à-vis de Vladimir Poutine ménage les intérêts de la France dans ses relations avec la Russie. Il emboîte le pas à Gerhard Schroeder d'une part et à Silvio Berlusconi d'autre part qui avaient agi de la sorte afin de ménager les intérêts de l'Allemagne (gazoduc North Stream) et de l'Italie (gazoduc South Stream).

La France renforce ainsi les positions des pays de la "vieille Europe" contestées par les pays d'Europe centrale, beaucoup plus enclins à une adhésion rapide de la Géorgie à l'OTAN et à l'Union européenne et beaucoup plus enclins à la mise en oeuvre d'une politique énergétique européenne (gazoduc Nabucco par le Caucase du Sud).

Si les aides financières, les aides humanitaires, les accords de coopération et les échanges commerciaux sont encouragés par les capitales d'Europe occidentale, Tbilissi fait les frais de cette Real politik.


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