Andranik Markarian (1951-2007), ancien Premier ministre arménien
2010-01-17

Le Premier Ministre d'Arménie, Andranik Markarian est mort subitement d'une crise cardiaque à l'âge de 56 ans, dans la nuit du dimanche 25 mars. Une journée de deuil a été observée le mercredi 28 mars, en hommage à sa mémoire.

Andranik Markarian était né le 12 juin 1951 à Erevan. 1967-1972. Il avait fait ses études à l'institut Polytechnique et avait acquis la spécialité d'ingénieur des machines à calculer.
- 1972-74. Ingénieur principal à l'Institut de recherches scientifiques de l'industrie du Gaz.
- 1977-78. Ingénieur général à l'Institut de recherches d'énergies d'Arménie.
- 1978-79. À l'usine électrotechnique en tant que chef du secteur des machines électroniques à calculer.
- 1979-90. Au centre de calcul du Ministère du Commerce de l'Arménie en tant que chef du secteur de l'électronique.
- 1990-94. À l'administration d'État des programmes spéciaux en tant que chef du secteur.
- 1994-95. À l'Université d'ingénieurs d'État de l'Arménie comme collaborateur scientifique.
- 1995-99. Député de l'Assemblée Nationale de la 1ère convocation.
- 1999. Réélu député de l'Assemblée Nationale et chef du groupe parlementaire "Miassnoutioun".
- 2000. Nommé Premier Ministre en mai.
- 2003. Après les élections parlementaires, il a gardé ses fonctions dans la nouvelle coalition gouvernementale.

Il était entré en politique en 1965. En 1968, il s'était inscit au parti clandestin Union Nationale, dont il était devenu membre du Conseil en 1973. Il s'était fait remarquer pour la critique du régime totalitaire soviétique et avait défendu les positions de la Cause Arménienne. Il avait clamé son désir de voir l'avenir du peuple arménien dans un État démocratique et indépendant.

Pour la promotion de ses idées, il a été arrêté en 1974 et condamné à deux ans de prison. En 1992, il devint membre du Parti Républicain, premier parti enregistré en Arménie, dont il fut membre du Conseil de 1993 à 1997, puis président, de 1998 à 2005. En 1998, il fut également membre de « l'Union des Volontaires Ergrabah », puis membre de la direction de cette organisation.

À l'occasion du 15e anniversaire de la proclamation de l'indépendance de la la République d'Arménie, Andranik Markarian a été décoré de la médaille de St Mesrop Machtotz. Il a également reçu les médailles du Ministre de la Défense V. Sarkissian, K.Njdeh, du Parti Ergrabah - V. Sarkissian, de la Police Aram Manoukian, de la Fondation F. Nansen.

Andranik Markarian avait deux filles, un fils et cinq petits-fils.

Mardi 27 mars, une cérémonie funèbre s'est tenue au domicile d'Andranik Markarian. Un dernier hommage au chef du gouvernement a été rendu par le président Robert Kotcharian, le président du Parlement, Tigran Torossian, et le ministre de la Défense, Serge Sarkissian.

L'équilibre politique est modifié à l'approche des législatives



La disparition d'Andranik Markarian bouleverse le paysage politique alors que le pays s'apprête à organiser le 12 mai des élections législatives, que le Premier ministre disparu avait "le désir et l'envie" de faire reconnaître pour la première fois par la communauté internationale comme "démocratiques". "L'Arménie perdra une opportunité importante d'approfondir sa relation avec l'Union européenne si elle ne parvient pas à assurer des élections parlementaires justes et libres", avait averti un diplomate européen. « Cela signifierait que le pays perdrait l'opportunité de construire, à court et moyen terme, une relation basée sur des valeurs et une confiance mutuelles » si des irrégularités se produisaient le 12 mai, avait déclaré Peter Semneby, le représentant européen dans le Sud Caucase.

Les préparations des élections étaient la priorité de Semneby lors de sa visite à Erevan durant laquelle il avait discuté avec le Premier ministre ainsi que d'autres hauts fonctionnaires arméniens. La disparition de Markarian risque de rompre le fragile équilibre des rapports entre les divers courants qui se partagent le pouvoir en Arménie. Elle laisse notamment le champ libre à l'appétit de pouvoir du ministre de la Défense, Serge Sarkissian, qui rêve depuis longtemps de prendre la tête du gouvernement, à défaut de pouvoir détrôner Robert Kotcharian de la présidence de la République.

Hervé Collet, d'après des dépêches d'agences de presse.