Dans l'ombre de la CEI : la CEI 2
2009-01-13

Dans l'ombre de la CEI : la "CEI 2 "



Quatre "républiques autoproclamées", officiellement rattachées à un pays souverain, mais indépendantes dans les faits, coopèrent d'une façon régulière et quasi-institutionnelle sur le territoire de la CEI.

C'est la raison pour laquelle les journalistes appellent cette coordination informelle la "CEI 2".

Il s'agit de la

Transnistrie

(République moldave), du

Haut-Karabagh

(Azerbaïdjan - relié de fait à l'Arménie), de l'

Abkhazie

et de l'

Ossétie du sud

(Géorgie). Ces territoires ont comme points communs de s'être dotés de tous les attributs de la souveraineté nationale, mais sans être reconnus ni par la communauté internationale, ni par leur pays d'origine. Ils essaient, en vain pour le moment, d'obtenir un statut spécial dont le "modèle" est la notion d' "Etat commun", proposée par Evgueni Primakov en 1997 pour le Haut-Karabagh.

Ce concept, souriant au premier abord, a comme inconvénient de n'exister nulle part dans le monde et d'être ambigu : les pays d'origine le voient comme une sorte de fédération et les territoires "sécessionnistes" comme une confédération entre deux Etats indépendants.

La dernière réunion de cette "CEI 2" s'est tenue à Stepanakert ("capitale" du Haut-Karabagh). La population des quatre "républiques" concernées ne dépasse pas 1 million d'habitants. Mais la résolution du problème qu'elles posent préoccupe vivement la communauté internationale, et en particulier l'OSCE. La Russie joue à leur égard un jeu ambivalent : elle les soutient officieusement, d'une manière décisive, tout en continuant officiellement à proclamer le principe de l'intégrité territoriale des pays auxquels ils sont rattachés (de peur de voir de nombreuses républiques autonomes de la Fédération de Russie - dont la Tchétchénie - demander leur indépendance).

Hervé Collet/COLISEE