Le système parlementaire arménien (2006)
2012-12-12

L'Assemblée nationale (Azgayin Zhoghov) est la Chambre unique du Parlement. Elle compte 131 membres désormais élus pour 5 ans, au scrutin proportionnel pour 90 d'entre eux et au scrutin majoritaire à un tour pour les 41 autres. Chaque formation politique doit recueillir au minimum 5 % des suffrages pour être représentée à l'Assemblée nationale (7 % pour les coalitions). En outre, les listes doivent comprendre au minimum 15% de femmes parmi leurs candidats. Le système électoral a été récemment modifié (les parlementaires étaient auparavant élus pour 4 ans, au scrutin proportionnel pour 75 d'entre eux et au scrutin majoritaire à un tour pour les 51 restants) afin de lutter contre la fraude électorale et la corruption. Les récentes réformes ont également modifié la composition de la Commission électorale centrale et de celles des 56 districts, réduisant le nombre de ses membres nommés par le Président de la République.

Six formations politiques sont actuellement représentées à l'Assemblée nationale :
- Le Parti républicain d'Arménie (HHK), principale formation de la coalition gouvernementale et parti du Premier ministre Serge Sarkisian. Plus ancienne formation du pays, elle possède 31 députés ;
- Le Bloc Justice (A), formation d'opposition, compte 14 sièges ;
- Le Règne de la loi (OE), membre de la coalition gouvernementale jusqu'en mai 2006 avant de rejoindre les rangs de l'opposition, possède 19 députés ;
- la Fédération révolutionnaire arménienne (HHD), formation membre de l'actuelle coalition gouvernementale, compte 11 députés ;
- le Parti de l'Unité nationale (AM), dirigé par Artaches Guegamian, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle (16,9% des suffrages au premier tour du 19 février 2003), possède 9 sièges ;
- le Parti des travailleurs unis (MAK), membre de l'actuelle coalition gouvernementale, compte 6 députés.

Les dernières élections législatives du 25 mai 2003 avaient été entachées par de nombreuses fraudes électorales. Le Parti républicain d'Arménie (HHK), formation favorable au Président de la République Robert Kotcharian (réélu à la tête de l'Etat le 5 mars 2003 après une élection présidentielle contestée par l'opposition), s'était, sans surprise, imposé recueillant 23,5 % des suffrages et remportant 31 sièges. Il avait devancé la principale formation d'opposition, le Bloc Justice, dirigé par le candidat malheureux à l'élection présidentielle, Stepan Demirtchian (Parti populaire), qui avait obtenu 13,6 % des voix et 14 sièges. A l'issue de ces élections, le Président de la République Robert Kotcharian avait cependant perdu la majorité absolue qu'il détenait auparavant à l'Assemblée nationale, les formations d'opposition renforçant leurs positions. Les observateurs internationaux avaient dénoncé de façon unanime les violations du scrutin. « Les législatives arméniennes restent en deçà des normes internationales » avait déclaré Robert Barry, émissaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Arménie, dénonçant « les cas de falsification des résultats, de bourrage des urnes, de vol de bulletins de vote et d'intimidation d'observateurs internationaux » signalées dans 30% des bureaux de vote.

Le 25 mars dernier, le Premier ministre Antranik Markarian est mort brutalement d'une crise cardiaque à l'âge de 56 ans. Il a été remplacé à son poste le 5 avril dernier par le ministre de la Défense Serge Sarkisian qui a rejoint le Parti républicain d'Arménie il y a moins d'un an (juillet 2006) et qui est considéré par beaucoup comme le favori dans la succession de Robert Kotcharian à la Présidence de la République.


Corinne Deloy/Fondation Robert Schuman