Géorgie : Mamuka Kudava, ancien ambassadeur en France
2012-11-28

Mamuka Kudava est né le 13 juin 1971 à Tbilissi.

Les études



Il sort diplômé de Mathématiques de l'Université d'Etat de Tbilissi en 1993.

Il obtient, en 1995 un Master à l'Institut américano - géorgien d'Administration publique de Géorgie, en 2001 un Master en Politique internationale à l'Université libre de Bruxelles et en 2005 le diplôme de l'Ecole Nationale d'Administration française (étudiants étrangers) : à ce titre, il effectue un stage à l'ambassade de France au Cameroun.

Il avait auparavant obtenu différentes distinctions comme le Certificat de Programme Exécutif de l'Université d'Harvard (2004), le Visiting Fellow du Monterey Institute of International Studies (1998) et une bourse de recherche de l'OTAN (1997 - 1999).

Mamuka Kudava parle géorgien, français, anglais et russe.

La carrière professionnelle




A l'ère Chévardnadzé



La carrière de Mamuka Kudava s'engage sous la présidence d'Edouard Chévardnadzé.

Dès l'année 1995, il intègre le ministère des Affaires étrangères, tour à tour au département politico - militaire, puis à celui des organisations internationales.

En 1998, il est nommé conseiller à l'ambassade de Géorgie pour le Bénélux et pour l'Union Européenne, à Bruxelles.

En 2000, il est adjoint au responsable de la mission géorgienne auprès de l'OTAN. Le ministre de la Défense est à cette époque David Tevzadzé, proche du président Chévardnadzé, ministre que le jeune député Mikheïl Saakachvili critique publiquement pour " possession de deux jeeps différentes" alors que les équipements militaires sont par ailleurs déficients.

Mamuka Kudava retourne à Tbilissi en 2002, au ministère des Affaires étrangères, pour prendre la direction du département des Etats-Unis, du Canada et de l'Amérique latine. Le ministre en place est Irakli Ménagharichvili, lui aussi proche d'Edouard Chévardnadzé.

A l'ère Saakachvili



Lors de la Révolution des Roses, il a 32 ans et bénéficie déjà d'une certaine expérience tant dans le domaine des affaires étrangères que dans celui de la défense : il fait partie du "vivier" de trentenaires que le nouveau président géorgien, Mikheïl Saakachvili, prépare au service de l'Etat géorgien.

Le 26 novembre 2005, il devient vice-ministre de la Défense auprès d'Irakli Okrouachvili, alors en poste, en remplacement de David Sikharoulidzé nommé ambassadeur aux Etats-Unis.

Après l'accord politique conclu en mai 2005 entre Salomé Zourabichvili, à l'époque ministre géorgienne des Affaires étrangères, et Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, concernant le retrait russe des bases militaires d'Akhalkalaki et de Batoumi (ainsi que du Quartier Général pour le Caucase du Sud à Tbilissi), Mamuka Kudava signe à Sotchi, le 31 mars 2006, les modalités pratiques des opérations avec le général Alexeï Maslov, commandant en chef des forces terrestres russes.

Mamuka Kudava intervient également dans le cadre de la coopération militaire entre la Géorgie et la France, et plus particulièrement concernant le Centre militaire de montagne de Satchkhéré.

Par ailleurs. il prend publiquement position, à plusieurs reprises, pour une adhésion pleine et entière de la Géorgie à l'OTAN, allant même jusqu'à déclarer que "c'est dans l'intérêt de la Russie" (22 octobre 2006).

Le 27 décembre 2006, le Parlement géorgien valide la proposition de nomination de Mamuka Kudava au poste d'ambassadeur de Géorgie auprès de la France et de représentant permanent auprès de l'UNESCO.

En février 2008, la presse géorgienne fait état de son éventuel départ de Paris.

Le 26 décembre 2008, le Parlement géorgien confirme la position de Mamuka Kudava au poste d'ambassadeur de Géorgie auprès de la France, du Portugal et de Monaco, et de représentant permanent auprès de l'UNESCO.

En octobre 2010, l'ambassade du Portugal est confiée à un ambassadeur en poste à Lisbonne.

Le 5 octobre 2012, il officialise son retour en Géorgie, lors de la conférence donnée par un ministre géorgien au CERI (Sciences Po Paris).

Les cinq années de fonction en France



L'élection de Nicolas Sarkozy (1) à la magistrature suprême de la France, fait évoluer les réserves françaises à l'adhésion pleine et entière de la Géorgie à l'OTAN, et accélère la Politique de voisinage de l'Union Européenne vis-à-vis de la Géorgie. La France admet, au sommet de Bucarest en 2008. le principe de l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN, à terme. Elle soutient également l'approfondissement de la Politique de voisinage et sa transformation en un Partenariat oriental.

Les missions de l'ambassadeur de Géorgie auprès des autorités françaises s'en trouvent renforcées en termes diplomatiques.

Mais si le 7 mai 2007, Mikheïl Saakachvili salue le futur président français "un ami de toujours de la Géorgie, avec qui il a déjà eu plusieurs réunions fructueuses", le qualifiant de "futur Charles De Gaulle" (2), c'est en août 2008, après le cessez-le-feu obtenu dans la guerre russo - géorgienne, qu'il peut apprécier son implication personnelle dans la cause géorgienne.

Les missions de Mamuka Kudava n'en deviennent que plus stratégiques, en termes de communication vers les médias et vers l'opinion publique française.

L'organisation de séminaires avec la participation de ministres géorgiens, celle de conférences de presse (dont l'une avec le président géorgien, à distance, en français), les interventions télévisées ou radiophoniques, la mise en place d'un site Internet et d'une lettre d'information -en français- donnent une visibilité complémentaire à la visibilité traditionnelle de la Géorgie reçue en France,

Mamuka Kudava n'en délaisse pas pour autant ces derniers aspects : encouragement aux échanges économiques, événements culturels, accords de coopération et liaisons avec les diasporas (3) se succèdent.

L'homme



C'est un homme pressé qui court de rendez-vous en rendez-vous, de séminaires en colloques, de conférences en interviews, d'inaugurations en vernissages, cherchant à convaincre inlassablement que la Géorgie est définitivement ancrée à l'Occident, arrimée à l'Europe et soutenue par la France.

Il s'entoure d'un nouveau Consul afin que les relations consulaires franco - géorgiennes soient exemplaires. Il s'entoure de conseillers spécialisés, sur le plan diplomatique et sur le plan économique, formés à l'école française (enarques au titre des étudiants étrangers).

Il n'oublie pas, enfin, de faire partager à ses deux enfants la maîtrise de la langue française, atout supplémentaire pour les jeunes Géorgiens d'aujourd'hui (4).

Notes



(1) Il convient de rappeler les positions de Nicolas Sarkozy, lorsqu'il occupait les fonctions de ministre de l'Intérieur, notamment sa fermeté dans les mesures à prendre vis-à-vis de l'infiltration islamique dans la vallée de Pankissi en Géorgie et vis-à-vis de l'immigration clandestine géorgienne en France.

(2) Mikheil Saakachvili espérait certainement que la plus grande proximité de Nicolas Sarkozy d'avec le président américain George W. Bush, aurait aidé aux affaires géorgiennes en Europe. La donne a certainement changé avec l'élection de Barack Obama.

(3) L'une des premières prestations de Mamuka Kudava s'est déroulée à Leuville-sur-Orge, comme pour ses prédécesseurs. Il a réuni le 29 avril 2007 une centaine d'étudiants géorgiens en formation dans les Universités françaises, leur demandant de faire mieux connaître leur pays en France et d'en être les "ambassadeurs". Il est également l'un des acteurs de la signature le 23 mai 2011 du mémorandum de dévolution à l'Etat géorgien de la résidence d'exil, en 1922, des notables de la Ière République de Géorgie.

(4) L'un des souhaits de Mamuka Kudava serait de réunir les 2 à 300 livres en langue française relatifs à la Géorgie et de pouvoir les mettre à la disposition des étudiants, des chercheurs, des universitaires et de toute personne intéressée. Un Institut géorgien à Paris nécessiterait une infrastructure immobilière, des fonds documentaires et du personnel qualifié : les budgets d'investissement et de fonctionnement manquent cruellement !




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