Lettonie : élection controversée de Valdis Zatlers à la présidence de la République
2007-05-31

Valdis Zatlers est devenu, jeudi 31 mai, le nouveau président de la Lettonie.

Ce chirurgien de 52 ans a été élu dès le premier tour par le Parlement, obtenant 58 voix contre 39 à son rival, Aivars Endzins, ancien président de la Cour constitutionnelle. M. Zatlers, qui était présenté par la coalition de centre-droit du premier ministre Aigars Kalvitis, succédera le 7 juillet à Vaira Vike-Freiberga, qui ne pouvait pas se représenter à l'issue de deux mandats consécutifs de quatre ans. Il n'était pas le favori de l'opinion publique. Selon un récent sondage, seulement 28 % de la population souhaitait qu'il soit président, contre 54 % qui espéraient voir élu Aivars Endzins, soutenu par l'opposition de centre gauche.

Né le 22 mars 1955, Valdis Zatlers, marié et père de trois enfants, est le chef de l'hôpital national de traumatologie et d'orthopédie de Riga. Son image s'est sérieusement ternie ces derniers jours, après qu'il a reconnu avoir accepté, au cours de sa carrière de médecin, de très nombreuses enveloppes contenant des espèces de la part de ses patients. Ses partisans ont fait valoir que les dessous-de-table versés aux médecins sont chose courante en Lettonie, ce qui n'a pas empêché l'antenne locale de l'organisation anticorruption Transparency International de faire campagne contre son élection. Certains observateurs estimaient par ailleurs qu'il n'était pas le candidat souhaitable pour présider le petit pays balte, qui appartient depuis 2004 à l'Otan et à l'Union européenne.

Lors d'une conférence de presse donnée après le vote parlementaire, Zatlers a été bombardé de questions sur le point de savoir s'il était bien avisé de choisir pour la présidence lettone un homme qui avait accepté des paiements en espèces. "Cette question a été minutieusement débattue ces dix derniers jours", a-t-il répondu, en déclarant qu'il se présenterait lundi aux autorités fiscales afin de régler le problème. Il a ajouté qu'il convenait de combattre la corruption à tous les niveaux. Le gouvernement a dit considérer Zatlers comme le meilleur candidat pour la présidence et a estimé qu'il avait fait preuve d'honnêteté en reconnaissant avoir reçu des paiements en espèces de certains clients.

Selon quelques commentateurs, le gouvernement a soutenu Zatlers parce qu'il voulait traiter avec un président acquis à ses orientations après s'être accroché avec Vike-Freiberga au sujet de nouvelles lois controversées qui auraient renforcé le contrôle du gouvernement sur les services de sécurité.

L'opposition de l'ex-présidente à ces lois a entraîné l'organisation d'un référendum qui était considéré comme un test pour le gouvernement. Les projets de loi ont ensuite été abandonnés.

On s'attend à voir le nouveau président maintenir l'orientation pro-occidentale de son pays, qui s'est séparé de l'Union soviétique en 1991. Il a reproché au gouvernement de n'avoir pas combattu assez vigoureusement l'inflation, qui a grimpé en flèche sur fond de croissance économique forte.

En Lettonie, le chef de l'Etat dispose de pouvoirs législatifs limités mais non dépourvus d'importance et il est l'un des représentants de son pays les plus écoutés à l'étranger.

Source : Reuters et AFP

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