Géorgie : AREVA intéressée par la construction d'une centrale nucléaire civile (2007)
2012-01-11

Même si l'hiver 2006 / 2007 fut moins rude que les précédents, la situation énergétique de la Géorgie a conduit la population à des nuits (et parfois des jours) sans chauffage et sans lumière, les entreprises à des paralysies renouvelées. Les causes en sont multiples, dépendance à l'approvisionnement russe, vétusté technique de la distribution et mentalités postsoviétiques se réclamant "de ressources gratuites". Avec le B-T-C et le B-T-E, le président Saakachvili cherche à s'affranchir de la dépendance énergétique russe ; avec les marchés de privatisation, il cherche à faire équiper de technologies nouvelles les réseaux de distribution finale. Il restera à faire évoluer certaines mentalités.

Des représentants d'AREVA avait participé en décembre 2006 à Tbilissi au forum économique du MEDEF.

Le président Sarkozy a confirmé le 13 juin à Paris au président Saakachvili l'intérêt que la France aurait à construire une centrale nucléaire civile en Géorgie.

Mikheïl Saakachvili a rencontré le 14 juin à Paris Anne Lauvergeon, PDG d'AREVA, selon l'ambassadeur de Géorgie à Paris Mamuka Kudava.

Nino Bourdjanadzé, présidente du Parlement géorgien, en visite au Sénat français, a confirmé le 14 juin que la Géorgie a la volonté de construire une centrale nucléaire civile.

L'énergie électrique utilisée en Géorgie provient de trois sources principales,

- les barrages hydro-électriques géorgiens dont le plus important se situe sur la rivière Ingurie, à la frontière abkhaze ; il fait l'objet d'un accord de répartition de la production entre Tbilissi et Soukhoumi malgré un conflit vieux de quinze années,

- les lignes hautes tensions en provenance de la Fédération de Russie, empruntant les montagnes du Caucase : leur fonctionnement a été perturbé ces derniers hivers par les conditions climatiques. Tbilissi a parfois évoqué l'hypothèse de sabotages volontaires.

- une ligne haute tension en provenance d'Arménie, exportatrice d'électricité grâce à une centrale nucléaire d'ancienne génération, datant de l'époque soviétique. Le Premier ministre géorgien, Zourab Nogaïdéli, précisait le 15 juin à Tbilissi que le réacteur nucléaire arménien était à remplacer et qu'il était trop tôt pour dire si le nouveau réacteur se construirait en Arménie ou en Géorgie.

Après la sortie progressive de sa dépendance au pétrole et au gaz russes au profit des ressources naturelles de la mer Caspienne, voire de l'Asie centrale, par l'oléoduc Bakou - Tbilissi - Ceyhan et le gazoduc Bakou - Tbilissi - Erzeroum, la Géorgie prépare sa sortie de la dépendance à l'électricité russe.

Son territoire, tout comme celui de l'Arménie, présente des risques sismiques : le défi d'AREVA sera de démontrer son savoir faire pour le mettre sous contrôle.

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