Géorgie : Tbilissi accuse Moscou d'un tir de missile air-sol sur son territoire (août 2007)
2013-12-11

Demande de réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies

Nations Unies, 8 août 2007, Communiqué de presse.

Le Représentant permanent adjoint de la Géorgie, Irakli Chikovani, a affirmé ce matin, au Siège des Nations Unies à New York, que son pays demanderait dans l'après-midi au Président du Conseil de sécurité de convoquer une réunion extraordinaire de cet organe pour traiter de la question du tir d'un missile sur le territoire géorgien attribué à l'aviation russe.

"Le Conseil de sécurité doit être résolu à condamner une attaque sur le territoire d'une pays souverain", a déclaré, lors d'une conférence de presse, M. Chikovani, qui a appelé à la conduite d'une "enquête de haut niveau mandatée par le Conseil de Sécurité".

Selon le Représentant géorgien, cet "acte d'agression peut être de nature à empêcher la dynamique positive récente de démocratisation et de résolution de conflit actuellement en cours en Géorgie". "En tant qu'Etat démocratique responsable", la Géorgie "ne peut tolérer de telles offenses" contre ses citoyens et sa souveraineté a-t-il souligné.

M, Chikovani a expliqué que "le 6 août 2007, à 18 h 30 heure locale, deux appareils russes SU-24 ont violé l'espace aérien géorgien, pénétrant à plus de 75 kilomètres à l'intérieur du territoire géorgien souverain avant de tirer un missile air-sol guidé, près du village de Tsitelubani". La veille, a-t-il ajouté, un avion militaire, "très probablement un SU-24", avait déjà "violé l'espace aérien géorgien à partir du côté russe". Le 7 août, le ministère géorgien des Affaires étrangères a convoqué l'Ambassadeur de la Fédération de Russie en Géorgie pour lui remettre une "note officielle de protestation" a-t-il également indiqué.

Ces faits constituent, pour la Géorgie, a assuré son représentant, "une violation du paragraphe 4 de l'Article 2 de la Charte des Nations Unies sur l'interdiction de l'usage de la force", ainsi qu'"un acte d'agression en vertu du paragraphe b, article 3 de l'annexe de la résolution de l'Assemblée générale 3314/1974 sur la définition d'agression".

La Géorgie demande à la Fédération de Russie d'engager immédiatement une enquête sur ce "bombardement aérien" et de fournir une "explication exhaustive", a-t-il affirmé, ajoutant qu'elle invitait également l'Union européenne et d'autres organisations et partenaires internationaux à "vérifier cet usage délibéré de la force".

La Géorgie, a-t-il dit, exhorte en outre la communauté internationale à exprimer "une position ferme et de principe sur cet acte d'agression contre un Etat souverain".

Selon le Représentant adjoint, cette attaque aérienne contre la Géorgie ne constitue pas un cas unique. "En fait, a-t-il dit, il y a eu des actes d'agression au cours des années précédentes, apportant la tragédie de pertes de vies humaines dans les familles géorgiennes". M. Chikovani a déclaré également qu'en mars 2007, la vallée du Kodori, en Abkhazie, avait été attaquée par des hélicoptères. "Il semble que les actes d'agression contre la Géorgie deviennent une tendance", a-t-il dit. De telles actions, a-t-il poursuivi, "représentent une menace à la paix et à la sécurité internationales en sapant les valeurs démocratiques fondamentales et en portant gravement atteinte à la primauté du droit international".

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