Communauté géorgienne en France : présentation générale
2012-12-06

La nature de l'immigration géorgienne en France a changé au cours des siècles, "d'élitique" à la fin du XIXème siècle, elle est devenue "économique" au début du XXIème siècle, après avoir été "politique" au XXème siècle.

Rapide historique



La communauté géorgienne en France est apparue à la fin du XIXème siècle avec quelques dizaines d'aristocrates, d'artistes et de révolutionnaires qui fuyaient le régime autoritaire des tsars.

Elle se renouvelle en 1922 après l'invasion de la Géorgie par l'Armée rouge, avec l'émigration de la classe politique de la Ière République. Suite à l'insurrection nationale de 1924 contre l'occupation soviétique, elle s'enrichit d'hommes jeunes. Globalement, ces deux immigrations atteignent douze cents personnes.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, quelques centaines de soldats géorgiens, initialement enrôlés dans l'Armée rouge, rejoignent les Alliés après une étape allemande : certains s'établissent en France.

Dans les années 1990, plusieurs centaines de partisans du président Gamsakhourdia, opposés au président Chévardnadzé, trouvent asile politique en France.

Ils sont suivis durant les deux dernières décennies d'une immigration économique, se présentant parfois comme une émigration "politique".

La vie communautaire



Dès 1922, la communauté se structure autour de l'Association Géorgienne en France à Paris, avec une entité à Sochaux Montbéliard.

La même année un lieu d'implantation est acquis par les autorités géorgiennes en exil, à Leuville-sur-Orge en Seine-et-Oise.

La Paroisse chrétienne orthodoxe Sainte Nino est créée en 1929 à Paris.

Un "carré géorgien" est constitué en 1956 au sein du cimetière communal de Leuville-sur-Orge.

La tradition de la cuisine géorgienne est importée, production de yaourt et ouverture de restaurants.

En 1994, une Ambassade de Géorgie est ouverte à Paris : elle succède à la légation géorgienne que les autorités françaises avaient maintenue jusque dans les années 1930.

A la fin du XXème siècle et au début du XXIème siècle, se créent différentes associations. Les premières se structurent autour des jumelages et accords de coopération, Nantes et Tbilissi, Yonne et Kakhétie, Lyon et Koutaïssi. Les suivantes regroupent les étudiants géorgiens venus étudiés dans les universités françaises. Un école bilingue franco-géorgienne, pour les enfants d'immigrés géorgiens est également créée, ainsi qu'une école de musique classique.

Différents restaurants de cuisine géorgienne s'ouvrent à Paris, et en province.

Des choeurs géorgiens, ou français, donnent des concerts de chants polyphoniques géorgiens et ouvrent des ateliers de formation.

En août 2008, l'invasion du territoire géorgien par l'armée russe conduit à une large mobilisation, afin d'une part de manifester auprès des médias et de l'opinion publique française (à Paris, Nantes, Rennes et Strasbourg en particulier) et afin de récolter des fonds pour venir en aide aux populations géorgiennes déplacées par la guerre (concert SOS Georgia par exemple).

En juin 2009, une église relevant de l'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie, Sainte Thamar, s'ouvre à Villeneuve-Saint-Georges.

Les évaluations quantitatives



Aujourd'hui la communauté géorgienne en France est fragmentée en plusieurs segments, selon son degré de francisation, mais parfois aussi selon les options politiques du passé et du présent.

- Les descendants des immigrations géorgiennes des années 1920 et 1940 sont "francisés" : ils se dénombrent en quelques milliers.

- Les différentes immigrations des années 1990 et 2000 (réfugiés politiques, étudiants, artistes, sportifs, immigrés économiques ...), pour l'essentiel de nationalité géorgienne, en règle avec la législation française, représentent les segments les plus importants, et seraient au total inférieures à cinq mille personnes.

- L'immigration clandestine est naturellement difficile à évaluer ; elle serait à priori inférieure à cinq mille personnes, selon les différentes évaluations.

Au total, le nombre de personnes résidants en France, d'origine géorgienne ou de nationalité géorgienne, se situerait à un niveau inférieur à 10 000 personnes.



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