Législatives russes : les observateurs saluent l'organisation technique, mais contestent la légitimité du scrutin (décembre 2007)
2013-12-19

Agence Ria Novosti, Moscou, 3 décembre.

Les observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe ont salué lundi la bonne organisation technique des élections législatives du 2 décembre dernier, tout en mettant en doute leur légitimité.

"De manière générale, les élections ont été bien organisées, et les observateurs constatent une série d'améliorations techniques" lit-on dans une déclaration diffusée lundi par les observateurs des Assemblées parlementaires de l'OSCE et du Conseil de l'Europe.

Dans le même temps, les élections se sont déroulées "en absence de compétition politique et avec le recours fréquent aux leviers administratifs", estiment les observateurs.

"La couverture médiatique a largement favorisé le parti au pouvoir, alors que ( ...) le code électoral empêchait le pluralisme politique. En 2007, il n'y a pas eu de chances politiques égales", notent-ils.

Le document reproche au parti "Russie unie" de règner sans partage dans les radios et sur les chaînes de télévision, entièrement contrôlées par l'Etat, où il était présenté essentiellement sous un jour positif. Selon les observateurs, les médias publics n'étaient pas en mesure de fournir des informations équilibrées sur les partis politiques.

La déclaration précise que de nombreuses normes de l'OSCE et du Conseil de l'Europe n'ont pas été respectées. Les observateurs sont notamment préoccupés par la fusion de l'Etat et d'un parti politique, ce qui "représente un abus d'autorité et contredit les obligations (de la Russie) et les normes internationales".

Les listes de "Russie unie" comportaient ainsi beaucoup de noms de gouverneurs, ce qui induisait les citoyens en erreur, car il était peu probable que les hauts responsables en question quittent leurs fonctions pour entrer à la Douma. Les observateurs notent également que l'engagement actif du chef de l'Etat en faveur de "Russie unie" a fait des élections législatives un plébiscite de confiance à l'égard de sa politique.

Plus tôt, des observateurs étrangers affirmaient que les élections en Russie avaient été libres et démocratiques.

"C'était un scrutin comme les autres. Nous avons visité dix bureaux de vote à Moscou. Seules quelques irrégularités techniques ont été relevées : certains ont par exemple voté en dehors des isoloirs. Mais c'est une vieille tradition, c'est la culture des Russes", a notamment indiqué le Finlandais Kimmo Kiljunen, vice - président de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, dans un entretien accordé à la radio Echo de Moscou.

Selon M. Kiljunen, les gens "n'ont pas voté uniquement pour le parti au pouvoir", et le président Vladimir Poutine avait le droit de participer aux élections et de conduire la liste électorale de "Russie unie".

Selon le dernier bilan annoncé après le dépouillement de presque 98% des bulletins, le parti "Russie unie" de Vladimir Poutine a recueilli 64,1% des voix obtenant ainsi plus de deux tiers des sièges à la Douma (chambre basse du parlement russe), ce qui lui permet d'amender la Constitution. Il est suivi du "KPRF" (11,6%), du "LDPR" (8,2%) et de "Russie juste" (7,8%). Les autres partis n'ont pas franchi le seuil de 7% requis pour entrer à la Douma.

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