Géorgie : Saakachvili échappe à un 2ème tour de présidentielle le 5 janvier 2008
2013-12-08

Le sondage à la sortie des urnes n'avait pas donné une assurance de la réélection de Mikheïl Saakachvili au 1er tour. Les résultats officiels étaient proclamés par la Commission Electorale Centrale le 13 janvier : ils lui donnent la victoire malgré les protestations des différentes oppositions, qui accusent les autorités de fraude dans les comptages et réclament un 2ème tour. Entre temps la mission internationale d'observation, tout en recommandant certaines améliorations, avait déclaré ces élections conformes aux standards démocratiques.

Au 1er janvier 2006, la population géorgienne était estimée à 4 315 200 habitants (source Département des Statististiques). Au 26 décembre 2007, les listes électorales officielles portaient 3 372 836 électeurs, Au 5 janvier 2008 au soir, par le jeu des listes électorales complémentaires, elles portaient 3 527 964 électeurs répartis en 3 625 bureaux de vote, 3 512 en Géorgie, 73 pour les forces armées et 40 à l'étranger (source Commission Electorale Centrale).

Sondage à la sortie des urnes, le 5 janvier

.

Effectué par différentes Organisations Non Gouvernementales (1), il donnait

- Mikheïl Saakachvili réélu au 1er tour avec 52,5 % des voix,

- Lévan Gatchétchiladzé, candidat de l'opposition soutenu par 9 partis politiques, 28,5%,

- Badri Patarkatsichvili 6%, Chalva Natélachvili 5,5%, David Gamkrélidzé 3,6%, Guiorgui Maïssachvili 0,8% et Irina Sarichvili 0,4%.

L'incertitude sur le sondage, 2%, laissait planer un doute sur la nécessité d'un 2éme tour.

Résultats officiels, le 13 janvier



1 982 318 ont participé au vote, 33 129 d'entre eux ont été invalidés.

Les résultats donnent, sous réserve de modification par la Cour de Tbilissi :

- 53,47% (1 060 042 voix) à Mikheïl Saakachvili,

- 25,69% (509 234 voix) à Lévan Gatchétchiladzé,

- 7,1% (140 826) à Badri Patarkatsichvili, 6,49% (128 589) à Chalva Natélachvili, 4,02% (79 747) ä David Gamkrélidzé, 0,77% (15 249) à Guiorgui Maïssachvili et 0,16% (3 242) à Irina Sarichvili.

A la première question du référendum joint (

candidature de la Géorgie à l'OTAN

), 72,5% des électeurs répondaient favorablement.

A la deuxième question (

anticipation de la date des élections législatives au printemps 2008

), 69,8% répondaient favorablement.

Les manifestations post-électorales



Le 8 janvier, des chefs de file de la coalition des 9 partis d'opposition, Lévan Gatchéchiladzé, Salomé Zourabichvili et Tina Khidachéli, s'introduisaient dans les locaux de la Commission Electorale Centrale à Tbilissi pour protester contre "les fraudes organisées lors de la consolidation des comptages de vote", pour demander "l'accès aux résultats de chaque bureau de vote" et la démission du président de la dite commission, Lévan Tarkhnichvili. Ils annonçaient par ailleurs la tenue de manifestations à Tbilissi du 13 au 18 janvier, auxquelles les partisans de Chalva Natélachvili, David Gamkrélidzé et Irina Sharichvili se joindraient.

Bien que les résultats de l'élection présidentielle n'aient pas encore été officiellement proclamés, Mikheïl Saakachvili déclarait à la télévision Rustavi 2 que
- le gouvernement serait remanié et l'entrée de membres de l'opposition "professionnels et patriotes" serait à l'ordre du jour,
- les élections législatives se tiendraient vraisemblablement en avril, ou en mai 2008.

Le 9 janvier, grâce aux bons offices de la Présidente de la République par intérim, Nino Bourdjanadzé, Lévan Gatchétchiladzé et Mikheil Saakachvili se rencontraient : le premier renouvelait sa demande de tenue d'un 2éme tour de présidentielle "suite aux falsifications de masse constatées dans le comptage des votes" et "pour éviter une confrontation entre le peuple géorgien et son président.

Le 13 janvier, la Commission Electorale Centrale proclamait, par 7 voix contre 6, Mikheïl Saakachvili élu président au 1er tour. Les six représentants des différentes oppositions annonçaient qu'ils déposaient un recours à la Cour de Tbilissi et plusieurs milliers de personnes manifestaient avenue Roustavéli à Tbilissi.

Mission internationale d'observation



L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe et le Conseil de l'Europe avaient délégué près de 500 observateurs. Dans un rapport préliminaire publié le 6 janvier, ils déclaraient : "L'élection présidentielle géorgienne du 5 janvier 2008 a été fondamentalement compatible avec la plupart des obligations et des standards nécessaires à la tenue d'élections démocratiques".

En plus des points positifs (2) et négatifs (3) relevés, la mission internationale notait que durant la campagne électorale la distinction avait été parfois difficile entre l'action gouvernementale et les prises de position du président sortant. Elle notait aussi que, le jour des élections, le nombre de violations de procédure électorale signalés aux différents niveaux de commissions électorales avait été faible.

En 2007, l' OSCE avait été particulièrement critique pour
- les élections législatives de Russie du 2 décembre, où elle avait du déléguer ses missions à une représentation limitée de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe pour une question de visa,
- les élections législatives du Kirghizstan du 16 décembre,
- les élections présidentielles d'Ouzbékistan du 23 décembre.

Voir aussi

:

- [URL : 2471]

- [URL : 2487]



Notes



(1)

Les Organisations Non Gouvermentales

"Georgian Institute of Public Affairs", "Ilia Chavchavadzé State University", "Caucasus Institute for Peace, Democracy and International Studies", "Georgian Foundation for Strategic and International Studies" ont vu leurs travaux financés par la Télévision d'Etat, les télévisions privées Rustavi 2 et Mzé, la télévision régionale Adjara TV.

(2)

Points positifs relevés par les observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe

:
- code électoral adapté à la conduite d'élections démocratiques, reprenant les recommandations antérieures,
- Commission Electorale Centrale transparente et ouverte aux observateurs et aux médias, ainsi que commissions électorales d'autres niveaux,
- campagne de sensibilisation au vote par médias nationaux,
- processus électoral transparent conforté par l'accréditation d'observateurs nationaux non politiques,
- matériel électoral disponible dans les langues des minorités,
- missions d'observation supportées par Présidence de la République par intérim.

(3)

Points négatifs relevés par les observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe

:
- allégations d'intimidation et de pression, notamment vis-à-vis des employés du secteur public,
- améliorations des programmes sociaux gouvernementaux combinées à la campagne du président sortant,
- ambiguïtés résiduelles du code électoral,
- traitement des plaintes par Commission Electorale Centrale favorisant la majorité présidentielle sortante,
- procédures du jour d'élection à clarifier et à détailler.