Kosovo : le Parlement proclame l'indépendance le 17 février 2008
2008-02-17

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies s'était réuni le 14 février à la demande de Belgrade et de Moscou : la plupart des Etats membres ont considéré que la question du Kosovo ne relevait plus de cette instance internationale depuis l'échec de la mission menée par Martti Ahtisaari

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Si la Serbie et la Russie, ainsi d'ailleurs que Chypre, l'Espagne, la Grèce, la Roumanie et la Slovaquie ont préventivement pris position contre l'indépendance du Kosovo (province de la Serbie), les Etats-Unis et la plupart des pays de l'Union européenne (Allemagne, France, Grande - Bretagne, Italie, ...) s'y sont déclarés favorables.

Ces derniers avaient demandé aux autorités kosovares de reporter leur annonce après les élections présidentielles serbes afin de ne pas entraver la réélection d'un président proeuropééen, ce qui fut fait le 3 février avec Boric Tadic.

La semaine du 11 février



Au Kosovo, les préparatifs s'activent : le Premier ministre Hashim Thaçi mobilise son gouvernement, le président du Parlement Jakup Krasniqi demande à ses collègues d'examiner les aspects législatifs inspirés du plan Martti Ahtisaari, le chef de l'orchestre philharmonique de Pristina Baki Jahari fait répéter à ses musiciens un futur hymne sans parole afin de ne pas heurter les 120 000 habitants d'ethnie serbe (pour 1,9 million habitants d'ethnie albanaise) et la population s'impatiente.

En Russie, le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov déclare "La Russie ne compte pas parmi ses moyens d'action politique le recours aux représailles ou aux sanctions" , après que Vladimir Poutine ait rappelé à plusieurs reprises que "Si les pays occidentaux reconnaissent l'indépendance du Kosovo, je ne vois pas pourquoi la Russie ne reconnaîtrait pas celle de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud (provinces sécessionnistes de la Géorgie) et de la Transnitrie (province sécessionniste de la Moldavie)".

A l'OTAN, les responsables de la KFOR, force internationale de 15 000 hommes, renforcent leur dispositif de sécurité.

A Bruxelles, l'Union européenne annonce l'envoi d'une force de 2 000 policiers et juristes, EULEX, afin de se substituer à la mission des Nations Unies, MINUK.

Le 17 février à 16 heures, à Pristina, le Parlement kosovar, réuni en session solennelle, proclame l'indépendance du Kosovo.

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Outre le risque "d'effet domino" soulevé par Vladimir Poutine, d'autres minorités ethniques pourraient être tentées de revendiquer les mêmes solutions en Europe, au Karabakh ou en Bosnie-Herzégovine par exemple.

La viabilité économique de ces micro-Etats serait certainement une dimension à prendre en compte.


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