France : augmentation du nombre de demandeurs d'asile russes en 2007 (+ 29%)
2011-01-28

L'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides a enregistré 3511 demandes d'asile russes en 2007, dont 2001 premières demandes. Ce dernier chiffre était de 1550 en 2006, soit une augmentation de + 29%.

Le nombre des demandeurs russes ayant obtenu un accord (804) se situe en deuxiéme position des nationalités, après celui des demandeurs srilankais et avant celui des demandeurs turcs (1).

L'âge moyen de ces demandeurs russes est légèrement inférieur à 33 ans, composés à quasi parité entre femmes et hommes (48 et 52 %).

Au 31 décembre 2007, l'OFPRA estimait avoir 6286 citoyens russes sous sa protection, dont 51 % de femmes.

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La demande russe est composée à 80% de Tchétchènes ou de demandeurs originaires du Caucase (essentiellement du Daghestan et de l'Ingouchie) qui font référence à la situation prévalant en Tchétchénie et à ses conséquences sur les républiques voisines. La part des familles reste importante et l'on note un flux régulier de femmes accompagnées de leurs enfants qui font état de la disparition de leur époux peu de temps avant leur départ. Il n'est pas rare que ceux-ci finissent par réapparaître pendant ou peu après l'instruction du dossier de leur époux et déclarent s'être cachés ou avoir été détenus arbitrairement pendant plusieurs mois. On peut également noter une légère augmentation du nombre de jeunes hommes, âgés d'une vingtaine d'années, envoyés hors de Tchétchénie par leurs parents.

D'une façon générale, les profils sont toujours assez diversifiés (personnes ayant été victimes de persécutions ou craignant de l'être du fait de soupçons pesant sur des proches, anciens combattants de la première guerre, membres des forces de sécurité pendant l'entre-deux-guerres, victimes de règlements de comptes et de vendettas), mais les motivations personnelles apparaissent moins étayées et plus stéréotypées qu'auparavant. Les demandeurs invoquent fréquemment une arrestation quelques mois avant leur départ en raison de soupçons et d'assistance à la guérilla ainsi qu'une demande de rançon et il semble que les craintes mises en avant émanent désormais plus souvent des forces contrôlées par Ramzan Kadyrov que des forces fédérales.

Comme pour d'autres nationalités, l'instruction bute souvent sur les degrés de personnalisation des craintes et sur la provenance récente de ce personnes. Nombre d'entre elles semblent gagner la France après un long transit sur une partie du territoire russe, dans un autre pays de la CEI, voire de l'Union européenne. Ainsi, les demandeurs en provenance de Pologne, où ils ont pu déposer une demande d'asile ayant parfois conduit à la reconnaissance du statut de réfugié ou à l'octroi d'ine protection temporaire sont en forte augmentation. Ils invoquent alors leurs conditions de vie dans ce pays ainsi que leurs craintes d'être victimes des services russes qu'ils décrivent comme particulièrement actifs à l'étranger.

Hors Caucase, les autres demandes russes présentent des profils très divers et émanent de minorités ethniques ou religieuses installées dans les grandes métropoles de la Fédération. Elles invoquent alors les agissements de groupuscules d'extrême droite et l'absence de protection des autorités. Les profils politiques sont quasi inexistants.

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Source OFPRA

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Note

: (1) 8781 accords de droit d'asile ont été donnés par la France en 2007 (sur 35 520 demandes) : le Sri Lanka (13,6%), la Russie (9,6%) et la Turquie (7,6%) sont les trois pays les plus bénéficiares.

Voir aussi

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