Les milices paramilitaires ossètes auraient procédé à des opérations s'apparentant à une "épuration ethnique" sur la population civile géorgienne (septembre 2008)
2011-11-28

L'Ossétie du Sud et les régions adjacentes



Selon certains médias occidentaux (journalistes souvent russophones) et selon les médias géorgiens, les milices paramilitaires ossètes auraient procédé, sous protection de l'armée russe, à des opérations s'apparentant à une 'épuration ethnique" de la population géorgienne résidant sur le territoire de l'Ossétie du Sud et dans les régions adjacentes.

Avant les évènements d'août 2008, l'Ossétie du Sud (région de Shida Kartlie pour les Géorgiens) comportait environ 30% de population géorgienne, habitants de Tskhinvali mais aussi de villages géorgiens surplombant la ville ou de villages imbriqués dans les villages ossètes, soit 14 500 personnes réparties sur 21 communes : le ministère géorgien de la Justice déclarait le 4 septembre que 13 260 d'entre elles avaient fuit et s'étaient réfugiées auprès des autorités de Tbilissi (1).

"Destruction systématique de maisons afin de ne plus permettre à la population géorgienne de revenir, refoulement des enfants, des femmes et des vieillards géorgiens encore présents, arrestation des hommes n'ayant pu fuir et exécutions sommaires", tels sont les témoignages recueillis.

Le président de l'Ossétie du Sud, Edouard Kokoity, déclarait le 22 août à une agence de presse russe "qu'il n'y avait plus d'enclave géorgienne sur son territoire et que les derniers villages géorgiens, Kekhvi et Tamarsheni, venaient d'être totalement détruits".

Les autres régions de Géorgie occupées par l'armée russe



Les milices paramilitaires ossètes étaient aussi intervenues, derrière les blindés russes, dans la région de Gori. Généralement en civil, munis de brassards blancs, à bord de véhicules dont les plaques d'immatriculation avaient été démontées, les miliciens étaient décidés à "punir" la population civile géorgienne suite au bombardement de la ville de Tskhinvali par l'armée géorgienne.

Le nombre de blessés et de morts n'avaient pu être évalué, néanmoins certaines agences de presse occidentales avaient pu filmer les miliciens ossètes et recueillir les témoignages de Géorgiens rescapés.

Le journal "Le Figaro" a relaté l'action des milices paramilitaires ossètes le 15 août sous la plume d'Adrien Jaulmes et le 9 septembre sous la plume de Régis Genté, le journal "Libération" en a fait de même le 1er septembre sous la plume d'Hélène Despic-Popovic.

Le journal "La Croix" reprenait le 18 août les témoignages recueillis par Amnesty International et Human Rights Warch faisant état de "violences, kidnappings pour rançon, exécutions sommaires et incendie de maisons".

France2 TV diffusait le 4 septembre le reportage de Manon Loiseau tourné derrière la ligne de front des blindés russes entre le 11 et le 24 août, confirmant l'existence de ces opérations.

Le recours à la Cour Internationale de la Haye



Le 12 août 2008, la Cour Internationale de Justice de la Haye, plus haute juridiction des Nations Unies, était saisie par les autorités géorgiennes d'une demande "de mesures provisoires de prévention du nettoyage ethnique accompagnant l'invasion de la Géorgie par la Russie". La Cour entendait les arguments de la représentation géorgienne le 8 septembre durant trois heures, avant d'entendre ceux de la représentation russe (2).



Voir aussi

:

- [URL : 2607]

- [URL : 2616]


Notes



(1) Dans un contexte similaire, dans les années quatre vingt-dix, les milices paramilitaires abkhazes protégées par l'armée russe, avaient fait fuir d'Abkhazie 2 à 300 000 Géorgiens : le nombre de morts avait été estimé à 10 000.

(2) La Géorgie a par ailleurs étendu sa requête auprès de la Cour de la Haye aux autres phases de l'action russe en Abkhazie et en Ossétie du Sud depuis 1990, accusant la Russie d'avoir violé les obligations de l'accord de 1965 sur l'élimination des discriminations raciales (International Convention on the Elimination of All Forms of Racial Discrimination).