Russie : biographie de Dmitri Medvedev, Premier ministre
2012-06-14

Dmitri Medvedev est né le 14 septembre 1965 à Léningrad (aujourd'hui redevenue Saint-Pétersbourg). En 1990, il y obtient un doctorat de Droit à l'université d'Etat.


A Saint-Pétersbourg



De 1990 à 1999, il enseigne le Droit privé et conduit parallèlement une carrière politique aux côtés de son ancien professeur d'Université, Anatoly Sobtchak, qui sera élu à la présidence du Conseil municipal de Saint-Pétersbourg. Il y est nommé en 1991 conseiller aux affaires juridiques et en 1995 conseiller auprès du Comité des relations extérieures (comité présidé par Vladimir Poutine).

A Moscou



En novembre 1999, il devient adjoint au directeur du Kremlin et Vladimir Poutine lui confie la direction de sa campagne présidentielle. En juin 2000, il est nommé Premier adjoint au directeur du Kremlin et président du directoire de GAZPROM. En octobre 2003, il devient directeur de l'administartion présidentielle et membre du Conseil fédéral de sécurité. En novembre 2005, il prend en outre le poste de Vice-premier ministre, chargé du développement de quatre secteurs, l'agriculture, l'enseignement, la santé publique et les logements.

A la présidence de la Fédération de Russie



En février 2008, il est le candidat officiel à la présidence de la Fédération de Russie des principaux partis au pouvoir et est élu le 2 mars avec 70% des suffrages exprimés.

Dmitri Medvedev s'engage à poursuivre la politique de Vladimir Poutine, bien qu'il soit souvent qualifié de "libéral" (1) par opposition aux "silovikis" (hommes à épaulettes, militaires, policiers, membres des services spéciaux) (2) : il "choisit" ce dernier au poste de Premier ministre.

Le 13 novembre 2008, il propose des modifications constitutionnelles, dont l'allongement du mandat présidentiel de 4 à 6 ans sans que cette disposition ne s'applique au mandat en cours. Certains observateurs s'interrogeaient sur la route ainsi ouverte à Vladimir Poutine en 2012 pour une prise de pouvoir qui pourrait durer cette fois 12 ans (la Constitution russe limitant le nombre de mandats consécutifs à 2). D'autres observateurs spéculaient sur une démission de Dmitri Medvedev avant la fin du présent mandat, afin d'ouvrir plus tôt la route à Vladimir Poutine. Dans les deux cas Dmitri Medvedev n'aurait été qu'un faire valoir.

Bilan présidentiel mince



Sur le plan international, le président Dmitri Medvedev aura été incapable de prendre le moindre engagement sans en référer à son Premier ministre Vladimir Poutine. Les chancelleries occidentales, en particulier la chancellerie française, l'apprendront à leurs dépens lors de la guerre russo-géorgienne de 2008 ou lors de la crise libyenne de 2011 par exemple. Barack Obama lui-même aura été surpris d'entendre son interlocuteur, le 26 mars 2012, à Séoul, lui répondre "qu'il transmettrait à Vladimir la question posée" ... alors qu'un micro indiscret captait la conversation !

Sur le plan intérieur, le président Dmitri Medvedev n'aura mené à terme aucune des réformes annoncées,

- les réformes démocratiques qui auraient permis à la société civile de respirer, de circonscrire l'opposition latente au pouvoir politique, de limiter l'émigration des forces vives vers l'étranger et de commencer à résoudre le probléme démographique qui touche l'ethnie russe au sein de la Fédération,

- les réformes économiques qui auraient permis l'accueil des investissements étrangers et le développement d'autres secteurs que l'exportation des matières premières,

- les réformes administratives qui auraient permis de moderniser l'Etat russe et de lutter enfin contre la corruption.

Durant quatre années, les groupes de travail, les publications et les déclarations se sont succédés sans que rien n'aboutisse : l'impuissance de Dmitri Medvedev aura été telle qu'il aurait appris le 24 septembre 2012, au Congrès du Parti présidentiel Russie unie, que son Premier ministre Vladimir Poutine briguait un 3ème mandat présidentiel.

Légende ou vérité, l'information illustre dans les deux cas le peu de crédit dont dispose aujourd'hui Dmitri Medvedev auprès de l'opinion publique russe.

Avenir "poutinien" comme Premier ministre



Le 7 mai 2012, il est proposé au poste de Premier ministre par le nouveau président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, devant ainsi une fois de plus son "existence" politique à son mentor.

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Dmitri Medvedev est marié à Svetlana Linnik, avec laquelle il a un fils.

Notes

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(1) Dmitri Medvedev est "libéral" au sens économique, dans la lignée des privatisations de l'époque de Boris Eltsine et reste proche d'un certain nombre d'oligarques russes, tout en continuant à faire contrôler la manne des hydrocarbures par l'Etat. Il a affiché l'ambition de faire de Moscou "une place financière internationale" et n'a donné aucun signe particulier de "libéralisme" vis-à-vis des oppositions politiques ou vis-à-vis des médias indépendants du pouvoir.

(2) Les "silovikis", héritiers historiques du complexe militaro-industriel soviétique, auraient certainement préféré voir accéder à la présidence de la Fédération de Russie Sergueï Ivanov, ancien ministre de la Défense et Vice-premier ministre : sa stature et sa présence renforcée sur les médias d'Etat en avaient fait un candidat potentiel. La guerre russo-géorgienne, la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, la réimplantation "diplomatique" à Cuba, en Equateur, au Nicaragua et au Vénézuela leur convient : elle damne le pion aux Etats-Unis soupçonnés d'impulser une stratégie d'encerclement de la Russie par l'OTAN .