France - Géorgie : entretien Sarkozy - Saakachvili le 13 novembre 2008
2013-12-11

Communiqué de l'Elysé, 12 novembre 2008



Le Président de la République recevra M. Mikheïl Saakachvili, Président de la République de Géorgie, jeudi 13 novembre 2008 à 15h00 au Palais de l'Elysée pour un entretien qui portera sur la situation en Géorgie.

Les discussions porteront en particulier sur la poursuite de la mise en oeuvre des accords du 12 août et du 8 septembre derniers et sur la perspective de la reprise des discussions internationales à Genève dans les prochains jours.

Le Président de la République réaffirmera à cette occasion le soutien de la France et de l'Union européenne à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et à la reconstruction de la Géorgie.

Analyse



Nicolas Sarkozy et Mikheïl Saakachvili effectueraient leur dixième entretien.

En 2002, le jeune ministre géorgien de la Justice, démissionnaire et en opposition avec son président Edouard Chévardnadzé, et le tout nouveau ministre français de l'Intérieur, en opposition latente avec son président Jacques Chirac, auraient immédiatement sympathisé : la possibilité de dialoguer en langue française n'était certainement pas étrangère à cette situation.

Nicolas Sarkozy et Mikheïl Saakachvili se seraient rencontrés à titre privé à plusieurs reprises, notamment en 2007 lors de la campagne présidentielle française, en Italie où le président géorgien aime à venir se reposer.

Mais les rencontres les plus dramatiques se sont déroulées à Tbilissi les 12 août et les 8 septembre 2008, après le conflit russo-géorgien, afin d'obtenir un cessez-le-feu et l'évacuation de l'armée russe.

Initialement à Pékin, en marge de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, Nicolas Sarkozy, président de l'Union européenne, aurait demandé à Vladimir Poutine, Premier ministre de la Fédération de Russie, de "ne pas faire envahir le territoire de la Géorgie par l'armée russe, en contrepartie l'armée géorgienne se retirerait de l'Ossétie du Sud sous 24 heures", proposition qui aurait été refusée (source diplomatique).

A Moscou, le 12 août, participant pour partie à l'entretien entre le président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, et le président de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy, le Premier ministre russe Vladimir Poutine aurait menacé de "faire entrer les chars russes dans Tbilissi et de faire pendre Saakachvili par les parties génitales" (le terme employé aurait été plus cru !), le précédent américain en Irak avec Sadam Hussein jouant. Nicolas Sarkozy aurait répliqué "que le monde ne lui pardonnerait pas et qu'il finirait comme Bush", sauvant cette fois son ami Mikheïl (source journalistique).

Quelle que soit la véracité de ces propos, la position des plus anciens pays membres de l'Union européenne vis-à-vis de la Russie reste la recherche de consensus, ne serait-ce que pour s'assurer l'approvisionnement en hydrocarbures.

Nicolas Sarkozy déclarait à Bruxelles le 7 novembre qu'il serait raisonnable que l'Union européenne reprenne les négociations avec la Russie afin d'établir un partenariat de coopération, contrairement à la position des pays baltes et de la Pologne : cela ne fait certainement pas les affaires de son ami Misha.

Il n'avait pas soutenu la candidature géorgienne à l'OTAN, il est peu probable qu'il change aujourd'hui d'avis : cela ferait encore moins les affaires de son ami Misha.

La proximité, réelle ou attribuée, depuis leur première rencontre en 2006, entre Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine, au point de voir ce dernier pris en photographie avec l'un des enfants du président français, ne devrait pas non plus faire les affaires de Mikheil Saakachvili.

Déclaration géorgienne à l'issue de la rencontre



Pourtant en sortant de l'Elysée, le 13 novembre au soir, le président géorgien déclarait sur un média télévisé (Canal+) "qu'il était à nouveau rassuré après sa conversation avec Nicolas Sarkozy, la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie seront défendues au plus haut niveau par l'Union européenne". Il ajoutait qu'il ne fallait pas s'attarder aux méthodes inacceptables du passé utilisées par Moscou, "en particulier celle du fait accompli et qu'il fallait regarder l'avenir avec des yeux du XXIème siècle "la Géorgie doit rejoindre sa maison natale, l'Europe.



Voir aussi

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