Estonie, Russie : le patriarche Alexis II (1929 - 2008)
2013-04-13

Alexis Mikhailovitch Ridiger est né le 23 févier 1929 à Tallinn en Estonie, dans une famille d'origine allemande.

En 1950, il est ordonné prêtre. En 1961, il divorce pour intégrer le monastère de la Trinité Saint-Serge, haut-lieu de l'orthodoxie russe, puis est nommé évêque, archevêque et métroplolite de Tallinn. Il prend ensuite des responsabilités au département des Relations extérieures du Patriarcat de Moscou et de toutes les Russies, et entretient des contacts avec les autorités soviétiques et les autres Eglises chrétiennes. Certains observateurs n'hésitent pas à lui attribuer une collaboration avec le KGB (les services secrets de l'URSS), information régulièrement démentie par les autorités religieuses.

En 1987, alors métropolite de Petrograd, il se prononce en faveur de la perestroîka de Mikheïl Gorbatchev. En 1990, il est élu patriarche de l'Eglise orthodoxe de Russie et permet la canonisation du tsar Nicolas II, éxécuté avec sa famille par les bolchéviques en 1917.

A partir de 1999, il trouve une proximité avec les autorités politiques de Vladimir Poutine. En 2004, pour l'élection présidentielle en Ukraine, il apporte son soutien au candidat pro-russe Viktor Iouchtchenko, qui sera battu par un candidat pro-occidental. En 2007, il ramène au sein de l'Eglise orthodoxe de Russie l'aile la plus traditionnaliste de l'émigration russe du début du XXème siècle, "l'Eglise orthodoxe russe hors frontières".

Sous sa responsabilité des centaines d'écoles, de paroisses, d'églises, de séminaires et de monastères se constituent et illustrent le renouveau de l'Eglise orthodoxe de Russie.

Ses relations avec le patriarcat de Constantinople, qui détient la "primauté d'honneur" sur toutes les Eglises orthodoxes du monde n'ont pas toujours été faciles.

Ses relations avec l'Eglise catholique romaine ont toujours été tendues. Outre la personnalité du pape Jean-Paul II, la question des "Uniates", slaves de rites orthodoxes mais rattachés au Vatican, en est la cause principale.

Après la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par la Russie en août 2008, il fait déclarer que les clergés de ces pays relèvent toujours du patriarcat de l'Eglise orthodoxe de Géorgie : en pratique l'influence de Moscou y est exclusive depuis plus d'une décennie.

Ria Novosti, Moscou, 5 décembre 2008

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Le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexis II, est décédé vendredi dans la capitale russe.

Il a dirigé l'Eglise orthodoxe russe durant les deux décennies les plus mouvementées, mais aussi les plus décisives de l'histoire contemporaine du pays.

Alexis II (Alexeï Ridiger dans la vie laïque) a été élu patriarche de Moscou et de toutes les Russies durant l'été 1990, soit un an avant la chute de l'Union soviétique, pays où l'Eglise a subi de violentes persécutions pendant plus de 70 ans.

Le nom d'Alexis II est étroitement lié à la renaissance spirituelle de la Russie. Les années de son patriarcat ont été marquées par la création de nombreux diocèses, l'ouverture de plus de 100 établissements d'enseignement religieux, la construction et la rénovation de milliers d'églises, dont le principal sanctuaire du pays, la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.

Partisan d'une coopération interreligieuse tous azimuts, il a engagé des actions conjointes avec les autorités politiques en vue de promouvoir la renaissance morale de la Russie, d'améliorer la situation démographique, de combattre la drogue, l'alcoolisme, l'extrémisme et le terrorisme.

Le patriarche Alexis II a pris une part active à l'harmonisation des rapports entre l'Eglise et l'Etat. Grâce à lui, l'Eglise a enfin obtenu la possibilité d'influer sur l'éducation spirituelle, morale et patriotique des gens, d'encourager les oeuvres de charité, de faire renaître et de propager les traditions ancestrales du peuple.

Le sommet mondial des leaders religieux tenu à Moscou durant l'été 2006, ainsi que la réunification du patriarcat de Moscou avec l'Eglise orthodoxe russe hors-frontières le 17 mai 2007 ont constitué les évènements les plus marquants de la vie religieuse et sociale de ce début de XXIème siècle.

A chaque étape de sa vie, sa Sainteté Alexis II a défendu avec conséquence les intérêts de l'Eglise orthodoxe russe. Il a beaucoup fait pour la normalisation des rapports avec l'Eglise catholique romaine, mais n'a pas eu le temps de rencontrer le souverain pontife
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