Serbie : prise de contrôle du pétrole et du gaz par la Russie (2008)
2013-01-03

Candidate à la candidature de l'Union européenne au 1er semestre 2009, avec l'appui de la République tchèque, la Serbie a conclu un accord stratégique sur l'énergie avec la Fédération de Russie le 24 décembre 2008 à Moscou.

Par cet accord Gazprom (1) achète 51% de l'opérateur pétrolier serbe NIS (2) pour 400 millions d'euros et s'engage à y investir 500 millions d'euros d'ici 2012.

L'opérateur russe confirme également l'utilisation du territoire serbe pour son gazoduc

South Stream

(3), le financement de ce tronçon et celui d'un réservoir souterrain dans le Nord du pays.

Gazprom poursuit ainsi l'avancée du gazoduc South Stream face au concurrent potentiel que serait le gazoduc

Nabucco

(4) de l'Union européenne.

Le ministre serbe de l'économie, Mladjan Dinkic, s'est retiré des négociations. Le président serbe, Boris Tadic, a finalisé l'accord avec le président russe, Dmitri Medvedev.

Notes

:

- (1) Gazprom disposerait du quart des réserves mondiales de gaz et fournit 26% de l'approvisionnement des pays de l'Union européenne.

- (2) L'opérateur pétrolier serbe NIS, qui bénéficie du monopole dans son pays, a été évalué à 2,2 millions d'euros par une mission indépendante (Cabinet Deloitte).

- (3) Le gazoduc

South Stream

, projeté par la Russie avec l'Italie, devrait aboutir en 2013, au coût de 10 milliards d'euros environ. Il a pour objet d'approvisionner l'Europe en gaz russe par le Caucase du Nord, la mer Noire et la Bulgarie, en contournant l'Ukraine. Il est le pendant du

North Stream

, projeté par la Russie avec l'Allemagne, qui contournera les pays baltes, la Biélorussie et la Pologne et empruntera la mer Baltique. La Russie veut s'affranchir de partenaires difficiles (Ukraine, pays baltes, Pologne, voire Biélorussie) et rendre peu attractif le projet Nabucco de l'Union européenne.

- (4) Le gazoduc

Nabucco

a pour objectif de diversifier les sources d'approvisionnement des pays de l'Union européenne, en s'alimentant à partir de la mer Caspienne, voire de l'Iran. Il empruntera le Caucase du Sud et la Turquie selon un parcours commun avec le gazoduc existant Bakou - Tbilissi - Erzeroum, avant de rejoindre le continent européen. Gaz de France en a été écarté par la Turquie, suite à la reconnaissance officielle par la France du génocide arménien de 1915.