Dossier : l'Union européenne et l'énergie (2009)
2012-12-12

La diversification des sources d'énergie des pays de l'Union européenne est un objectif retenu par tous. En termes de pétrole, les sources d'approvisionnement sont multiples : les réserves de la mer Caspienne ne sont exploitées que depuis quelques années. En termes de gaz, la situation est différente pour les pays de l'Est et du centre de l'Union européenne, très dépendants du russe GAZPROM, et pour les pays de l'Ouest. En termes de nucléaire, un temps remis en cause dans les pays de l'Ouest de l'Europe, les cartes se redistribuent. En termes d'énergies renouvelables, la part réelle de leur utilisation reste marginale dans la plupart des pays de l'Union européenne.

Le pétrole


Bien que la majorité du pétrole utilisé en Europe provienne encore aujourd'hui du Moyen-Orient et de la mer du Nord, une source supplémentaire d'approvisionnement est apparue dans les années 1990, le bassin de la mer Caspienne "[URL : 2883]".

La stratégie russe s'est consolidée, essayer de s'assurer du monopole de la distribution des gisements caspiens en hydrocarbures par des oléoducs et des gazoducs empruntant les seuls territoires russes et devenir un acteur principal dans le grand jeu mondial. Elle était analysée ainsi en 2005 "[URL : 1702]".

Sous l'influence des Etats-Unis, cette stratégie est prise à contrepied : cette même année, l'oléoduc

Bakou - Tbilissi - Ceyhan

est mis en exploitation. Il permet d'accéder aux réserves de la mer Caspienne sans transiter par les territoires russes et donne non seulement un degré de liberté aux pays du Caucase du Sud mais aussi à la Turquie : elle peut ainsi désengorger le trafic maritime dans le Bosphore et livrer par la mer Méditerrannée les pays de l'Europe occidentale.

- [URL : 1599]

- [URL : 1849]

Le gaz


L'Union européenne produit 40% de son gaz (Grande - Bretagne et Pays-Bas), en importe 25% de Russie, 17% de Norvège et 17% d'Algérie, d'Afrique Noire et du Moyen-Orient.

Le déclin des productions britanniques et néerlandaise accroit progressivement les autres parts.

Devant cette situation, l'Union européenne a essayé de définir une stratégie et lance le projet de gazoduc

NABUCCO

: [URL : 2911].

Il serait alimenté par le gaz de la mer Caspienne, reprendrait une partie du tracé du gazoduc

Bakou - Tbilissi - Erzeroum

et rejoindrait l'Europe continentale par la Turquie. Dans ce nouveau jeu déclenché, il ne serait pas exclu qu'il soit un jour alimenté non seulement par les réserves azerbaïdjanaises mais aussi par les réserves des pays d'Asie centrale, voire de l'Azerbaïdjan iranien.

Le projet

NABUCCO

a bénéficié jusqu`à présent d'une volonté politique modérée : ses perspectives de mise en service se sont éloignées, 2014 aux dernières prévisions : [URL : 2715].

Le géant russe GAZPROM, par ailleurs instrument de la politique du Kremlin,

[URL : 2544],

[URL : 2696],

déjà soumis aux tensions entre la Biélorussie et la Russie, entre l'Ukraine et la Russie, -les deux gazoducs d'approvisionnement de l'Europe transitent par ces deux pays-, souhaite à la fois se libérer des menaces d'interruptions intempestives et contrer le projet

NABUCCO

: il lance deux projets concurrents ä

NABUCCO



avec l'Allemagne au Nord de l'Europe

[URL : 2908],

et avec l'Italie au Sud de l'Europe,

[URL : 2909].

La France se rallie à la démarche,

[URL : 2882].

La position officielle des chefs d'Etat, ou de gouvernement, des trois pays concernés est que les projets de gazoduc

North Stream

,

South Stream

et

NABUCCO

sont complémentaires.

Les pays de l'Union européenne concernés par le tracé des deux gazoducs russes se laissent convaincre, en échange de contreparties :

[URL : 2892].

D'autres affichent leur hostilité, comme les pays baltes et la Pologne.

La Russie, qui bénéficie de 25% des réserves mondiales de gaz aujourd'hui connues, ne peut que se réjouir de l'avancement de ses projets et de la perennité de sa clientèle : elle aura besoin des technologies européennes pour exploiter ses gisements du Grand Nord lorsque ses gisements sibériens seront épuisés, et sans elles elle n'aurait pu le faire.

Pour la part d'approvisionnement de gaz provenant d'Afrique et du Moyen Orient, Bruxelles encourage la multiplication des terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) : ll'Egypte, la Libye, le Nigéria et le Qatar en sont les principaux bénéficiaires.

Le nucléaire


Le 3 février 2009, quelques jours après l'annonce de son retrait du capital de la française AREVA NP, spécialisée dans la construction de réacteurs nucléaires, l'allemand SIEMENS annonce l'étude d'un partenariat d'envergure avec l'agence atomique russe ROSATOM [URL : 2726].

Après l'abandon par la Grande-Bretagne de son industrie nucléaire, après la concrétisation d'un partenariat Russie / Allemagne, après le cavalier seul de la France, il devient difficilement concevable qu'une industrie nucléaire civile européenne naisse un jour.

Quelle stratégie énergétique européenne?


Plus globalement, l'élaboration d'une stratégie énergétique européenne est compromise, que ce soit dans le domaine du pétrole, celui du gaz ou celui du nucléaire, mêmes si les saupoudrages d'aide financière s'habillent de vélléités "stratégiques".

Les principaux contributeurs au budget de Bruxelles souhaitent certainement retrouver leurs mises. D'ailleurs la chancelière allemande, Angela Merkel, ne s'en prive pas en déclarant que ces aides devraient aussi bien aller au gazoduc européen

NABUCCO

, qu'aux gazoducs russo-allemand

North Stream

et russo-iralien

South Stream

,

NABUCCO

n'étant en définitive qu'une variante de

South Stream

.

Sur une question aussi sensible que l'énergie, les intérêts nationaux restent la règle : ce constat ne saurait échapper au rappel historique des fondements de l'Union européenne qui se construisit sur un traité concernant l'énergie, celui de la "Communauté européenne du charbon et de l'acier".


Quelques cas particuliers parmi d'autres



- [URL : 2080]

- [URL : 2256]

- [URL : 2428]

- [URL : 2694]

- [URL : 2112]

- [URL : 2131]

- [URL : 2799]