L'Eglise orthodoxe de Russie
2009-03-13

L'Eglise orthodoxe de Russie

est orthodoxe car reconnaissant la primauté d'honneur du Patriarcat oecuménique de Constantinople et reconnue canoniquement par lui, de Russie car du lieu des Russes qui la peuplent et autocéphale car n'entrant pas dans une structure hiérarchique.

A fin 2008, elle compte 135 millions de fidèles (90 millions en Fédération de Russie, 20 millions en Ukraine et 10 millions en Biélorussie), 28 000 paroisses, 26 000 prêtres et 700 monastères.

Elle est numériquement l'Eglise orthodoxe la plus importante du monde, ce qui ne va pas sans poser de problème dans ses relations avec le Patriarcat oecuménique de Constantinople qui exerce une primauté d'honneur sur les Eglises orthodoxes du monde (1).

Elle est dirigée par le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexis II de 1990 à 2008 (2) et Kirill Ier depuis le 27 janvier 2009 (3).

Histoire



Elle date son fondement à 988, c'est à dire au baptême du Prince Vladimir de Kiev. Le Patriarcat oecuménique de Constantinople lui accorde l'autocéphalie en 1558.

Elle est ainsi postérieure aux églises initiales (Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem) et aux églises anciennes (Chypre, Géorgie, Grèce) (1).

La période soviétique voit l'effondrement de l'Eglise orthodoxe de Russie et, afin de sauver leur institution, ses cadres sont souvent accusés de collusion avec les pouvoirs politiques.

Depuis 1990, les pays slaves connaissent un renouveau religieux dont bénéficie principalement l'Eglise orthodoxe : le prosélytisme, réel ou supposé, de l'Eglise catholique romaine a tendu les relations entre le Patriarche de Moscou et le Pape, au point qu'aucune rencontre n'ait lieu. En mai 2007, Alexis II se rend à Sainte Geneviève des Bois, première visite d'un Patriarche russe en pays catholique romain depuis le schisme de 1054, sans qu'un entretien au Vatican ne soit possible.

Structure



Outre les évêchés situés sur le territoire de la Fédération de Russie, le Patriarcat de Moscou et de toutes les Russies exerce son autorité sur un certain nombre d'Eglises autonomes ou indépendantes. Les Eglises autonomes de Biélorussie (Métropolite de Minsk et de Sloutsk), d'Estonie (Métropolite de Tallinn et de toute l'Estonie), de Lettonie (Archevêque de Riga et de toute la Lettonie), de Moldavie (Métropolite de Chisinau et de toute la Moldavie), d'Ukraine (Métropolite de Kiev et de toute l'Ukraine) et l'Eglise russe hors frontières (depuis 2007) lui sont rattachées canoniquement.

Pour la Biélorussie, deux Eglises orthodoxes se sont constituées, l'une rattachée au Patriarcat de Moscou, l'autre au Patriarcat oecuménique de Constantinople (avec une majorité de paroisses à l'étranger).

Pour l'Estonie, deux Eglises orthodoxes se sont constituées, l'une rattachée au Patriarcat de Moscou, l'autre au Patriarcat oecuménique de Constantinople.

Pour la Moldavie, deux Eglises orthodoxes se sont constituées, l'une rattachée au Patriarcat de Moscou, l'autre au Patriarcat de toute la Roumanie.

Pour l'Ukraine, différentes Eglises orthodoxes se sont constituées, l'Eglise orthodoxe d'Ukraine / Patriarcat de Moscou, l'Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne (Ukraine occidentale et étranger) et l'Eglise orthodoxe d'Ukraine / Patriarcat de Kiev et de toute l'Ukraine (créée en 1992 par des séparatistes des deux Eglises précédentes).

Par ailleurs le Patriarcat de Moscou exerce une influence historique sur l'Eglise orthodoxe d'Amérique (dont l'origine remonterait aux moines russes installés en Alaska), à qui il a accordé l'autocéphalie en 1970 sans l'accord du Patriarcat oecuménique de Constantinople.

Le cas particulier de l'Eglise orthodoxe russe hors frontières



L'Eglise orthodoxe russe hors frontières (Métropolite de New-York) a rejoint le Patriarcat de Moscou en 2007 : elle avait été créée en 1922. Certaines paroisses de la diaspora russe à l'étranger n'ont pas accepté cette décision et deux nouvelles Eglises orthodoxes se sont récemment créées, l'Eglise orthodoxe russe en exil, l'Eglise orthodoxe russe hors frontières - Autorité suprême.

Dans les années 1920, les autorités religieuses russes, avec l'appui des autorités politiques soviétiques, avaient tenté de prendre le contrôle d'un certain nombre de lieux de culte orthodoxe à l'étranger (Cathédrale de la rue Daru à Paris, cathédrale Saint-Nicolas à Nice), argumentant entre autre que les investissements avaient été faits par l'Etat tsariste.

Depuis quelques années, des tentatives semblables sont observées, en particulier à Nice à la cathédrale Saint Nicolas, à Biarritz. Des dotations financières, de plusieurs centaines de milliers d'euros ont été effectuées, cimetière russe de Sainte Geneviève des Bois, musée cosaque de Courbevoie. L'édification d'une nouvelle cathédrale russe à Paris a même été avancée.

Certains observateurs estiment que par le rattachement de l'Eglise orthodoxe russe hors frontières, le Patriarcat de Moscou offre aux autorités politiques russes l'opportunité non seulement de renouer des liens spirituels avec les descendants des émigrations mais de tisser un réseau d'influence auprès des opinions publiques et des gouvernements étrangers.

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Notes



(1) [URL : 2724]

(2) [URL : 2673]

(3) [URL : 2723]