Energie nucléaire civile : discussions entre la Russie et l'Allemagne (février 2009)
2011-12-21

Après la conclusion d'un accord russo - allemand pour la construction d'un gazoduc immergé dans la mer Baltique et évitant les territoires de la Biélorussie et de la Pologne (le North Stream), un partenariat russo - allemand est à l'étude dans le domaine de l'énergie nucléaire civile.

Rapprochement entre Russie et Allemagne



A l'invitation du premier ministre de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, le directeur de ROSATOM (l'agence atomique russe), Sergueï Kierenko, et le président du directoire de SIEMENS, Peter Löscher, se sont réunis à Moscou le 3 février 2009.

Peter Löscher a rappelé que sa compagnie travaillait avec la Russie depuis 150 ans et que sa collaboration avec ROSATOM datait des années 1990. Il a déclaré "... se réjouir de l'élargissement de la coopération actuelle aux technologies du nucléaire ...".

Vladimir Poutine a déclaré :"Nous sommes prêts à passer de la réalisation de projets au cas par cas à un partenariat d'envergure entre SIEMENS et ROSATOM, qui pourraient activement travailler en Russie, en Allemagne et dans des pays tiers".

Si ce partenariat, dont le protocole de ratification est prévu en avril 2009, se concrétisait l'ensemble Allemagne / Russie deviendrait la 4ème puissance mondiale dans le domaine de la production de l'énergie nucléaire civile avec une production actuelle de 42 Gigawatts pour 38 réacteurs, après les Etats-Unis (100 Gigawatts pour une centaine de réacteurs), la France (63 Gigawatts pour une soixantaine de réacteurs) et le Japon (47 Gigawatts pour une cinquantaine de réacteurs).

SIEMENS se rapprocherait ainsi de ses grands concurrents, les américano - japonais General Electric - Hitachi et Toshiba - Westinghouse, et le français AREVA.

Divorce entre Allemagne et France



Un pacte d'actionnariat franco-allemand avait été signé en 2001 et donnait à SIEMENS 34% du capital d'AREVA NP, la filiale de fabrication de réacteurs nucléaires du groupe français.

Le groupe allemand a annoncé le 26 janvier 2009 la cession de cette participation à AREVA, avec un retrait définitif d'ici 2012.

La presse allemande impute cette décision aux autorités politiques françaises qui se seraient opposées à la montée de SIEMENS au capital de la maison-mère AREVA à hauteur de 40%, alors que le management d'AREVA y était favorable. Elles encouragent plutôt un rapprochement d'AREVA avec Alstom (et son principal actionnaire Bouygues).



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