Une Moldavie neutre, fermée à l'OTAN, en échange du retour de la Transnistrie ? (2009)
2013-11-12

Le 13 févier 2008, l'interview du président moldave, Vladimir Voronine, au journal russe Izvestia donnait ses pistes de résolution au séparatisme de la Transnistrie : il appelait de ses voeux une médiation de la Fédération de Russie. Le 27 janvier 2009, il saluait la normalisation des relations russo-moldaves et mettait entre parenthèses les négociations avec la Transnistrie pour cause d'élections législatives.

En février 2008, Vladimir Voronine, déclarait qu'une majorité de Moldaves se prononcerait contre l'adhésion à l'OTAN, même si les partis d'opposition parlementaire y sont favorables et surtout si les électeurs de la Transnistrie russophone et séparatiste étaient associés à un référendum. En contrepartie, la Transnistrie pourrait recevoir le statut de république au sein de la Moldavie, avec droit d'initiative législative au Parlement moldave, élaboration de son budget et droit au séparatisme.

En mai 2008, la Moldavie adoptait le statut de neutralité et de non-adhésion aux blocs militaires. Des négociations discrètes s'engageaient sous la houlette de Vladimir Voronine pour Chisinau et d'Igor Smirnov (leader transnistrien) pour Tiraspol.

En janvier 2009, Vladimir Voronine saluait la normalisation des relations russo - moldaves : les exportations moldaves sont à nouveau possible vers la Russie, notamment les vins, pays qui est devenu le principal partenaire commercial de la Moldavie avec 2 milliards de dollars d'échanges commerciaux annuels.

Début février, Igor Smirnov annonçait "une pause dans les négociations" pour cause d'élections législatives en Moldavie le 5 avril.

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En effet, ces élections devraient permettre de dénombrer les partisans d'un rapprochement avec l'Union européenne (souvent présentés comme majoritaires à près de 70%) et les sympathisants pro-russes (dont Vladimir Voronine, leader d'un parti communiste fort de plus de 30% dans les sondages) (1).

L'essentiel pour Moscou est certainement de faire consolider l'éloignement de la Moldavie de l'OTAN par la carte transnistrienne, quitte à accepter de voir s'y développer "une politique européenne de voisinage", voire "un partenariat oriental", avec l'Union européenne.

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Notes

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(1) Vladimir Voronine avait marqué l'opinion publique moldave par son apparition auprès de Dmitri Medvedev et de Vladimir Poutine lors de l'intronisation de Kirill Ier, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies (dont la Moldavie), le 27 janvier dernier.