L'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie
2013-01-04

L'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie

est orthodoxe car reconnaissant la primauté d'honneur du Patriarcat oecuménique de Constantinople et reconnue canoniquement par lui, apostolique car fondée par Saint André au Ier siècle, de Géorgie car du lieu des Géorgiens qui la peuplent et autocéphale car n'entrant pas dans une structure hiérarchique.

Le christianisme devient religion du royaume de Géorgie en 317, sous le règne du roi Mirian, à la suite de l'action de Nino de Cappadoce.

L'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie est déclarée autocéphale en 484, autocéphalie soustraite par la Russie tsariste de 1811 à 1917, retrouvée de fait de 1918 à 1921 (Ière République de Géorgie), soustraite par la Russie soviétique de 1921 à 1943.

Elle est dirigée par l'archevêque de Mtskhéta (1) et de Tbilissi. le Catholicos - Patriarche de toute la Géorgie, résidant à Tbilissi. Le titre Catholicos vient du grec Katholicos, signifiant "selon le tout", au sens de la plénitude.

Ilia II est titulaire du Patriarcat depuis 1977.

Elle pratique le rite byzantin et utilise le géorgien comme langue liturgique.

Elle compte une trentaine d'archevéchés, d'archidiocèses, d'évéchés ou de métropoles, dont l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, et 5 millions de fidèles.

L'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie et la nation géorgienne



Le christianisme sauva certainement la langue et la nation géorgiennes des invasions des Arabes, des Mongols, des Perses, des Ottomans et des Russes. La nécessité de transmettre les textes religieux conduisit dés le IVème siècle au développement d'un alphabet géorgien ; les moines géorgiens le portent à des dizaines de monastères en Palestine, en Egypte, en Syrie, à Chypre, dans les Balkans, à Constantinople et en Grèce, D'outil ecclésiastique, la langue géorgienne devient l'un des ciments de la grande Géorgie des XIIème et XIIIéme siècles et l'instrument du réveil national au XIXème siècle.

Le 24 janvier 2004, au lendemain de la Révolution des Roses et la veille de son investiture officielle, le nouveau président de la république reçoit la bénédiction du Catholicos-Patriarche à la cathédrale de Gelati, érigée à une époque où la nation géorgienne se bâtissait.

L'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie fut de tout temps soutenue par la nation géorgienne : entre 2008 et 2009, la dotation gouvernementale au Patriarcat est passée de 9 à 27 millions de lari (un lari valant environ 0, 47 euro).

L'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie et les territoires séparatistes



Bien que lors de la guerre russo-géorgienne d'août 2008, le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexis II, ait déclaré que l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud restaient sous la juridiction de l'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie, cette dernière n'intervient plus sur ces territoires :

- Eparchie d'Abkhazie : une Eglise orthodoxe d'Abkhazie, indépendante, non canonique, s'est créée en 1991, à Soukhoumi. Elle est sous influence de l'Eglise orthodoxe de Russie.

- Eparchie d'Ossétie du Sud : une éparchie d'Alanie, indépendante, non canonique, s'est créée en 1991, à Tskhinvali. Elle était sous influence de l'Eglise orthodoxe russe hors frontières, et s'est rattachée en 2003 à l'Eglise orthodoxe de Grèce (Saint Synode, Résistance), une Eglise traditionnaliste, non canonique.

L'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie et les diasporas



Le droit canonique de l'Eglise orthodoxe universelle stipule que les Eglises hors frontières dépendent du Patriarcat oecuménique de Constantinople, par l'intermédiaire des autorités orthodoxes locales, l'Assemblée des Evêques orthodoxes en France sur le territoire français.

Cette règle est respectée en 1929, lors de la fondation de l'Eglise géorgienne Sainte Nino de Paris par les émigrés politiques opposés à l'invasion de la Géorgie par les armées de la Russie soviétique (2). Son lien avec l'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie est spirituel, et en aucun cas hiérarchique, comme elle le rappelle au Catholicos-Patriarche Ilia II lors de sa visite en 1981.

Cette règle n'est pas respectée par le Catholicos-Patriarche Ilia II qui inaugure le 14 mai 2009 l'Eglise Sainte Thamar de Villeneuve-Saint-Georges et la place sous l'autorité hiérarchique de l'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie (3). Les tenants de l'Eglise géorgienne Sainte Nino, quelques centaines de personnes issues des émigrations politiques des années 1920, 1940 et 1990, protestent (4). Les émigrés économiques des années 2000, plusieurs milliers de personnes présentes le jour de l'inauguration, y voient un lien communautaire indispensable avec leur patrie (5).


Notes

:

(1) La ville de Mtskhéta fut, à l'origine, la capitale du royaume de Géorgie.

(2) [URL : 1078]

(3) L'inauguration de l'Eglise Sainte Thamar, dont l'annonce s'effectue sous l'égide de l'ambassade de Géorgie en France, est précédée d'un entretien entre le Catholicos-Patriarche Ilia II et la ministre française de l'Intérieur et des Cultes, Michèle Alliot-Marie.

(4) [URL : 2841]

(5) D'autres Eglises orthodoxes hors frontières font l'objet de tels déchirements, notamment l'Eglise orthodoxe russe hors frontières : la plupart des descendants des anciens émigrés, francisés, souhaitent rester rattachés aux autorités orthodoxes françaises, la plupart des nouveaux émigrés du XXIème siècle prennent parti pour un rattachement à l'Eglise orthodoxe de Russie. Alexis II, le précédent Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, avait obtenu formellement le rattachement hiérarchique à Moscou de certaines Eglises russes hors frontières, affaiblissant ainsi la position du Patriarche oecuménique de Constantinople.



Voir aussi :

- [URL : 2724]

- [URL : 4119]

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