France : 2325 demandeurs d'asile russes en 2008
2011-01-28

Les demandes d'asile de citoyens russes auprès de l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides ont été en 2008 au nombre de 2325 pour les adultes et de 1493 pour les mineurs

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Parmi les 2325 demandeurs adultes, 2102 effectuaient leur première demande : ils avaient une moyenne d'âge de 32 ans et demi, les femmes en constituaient 50%. La Russie est devenue en 2008 le premier pays de provenance des demandeurs d'asile en France avec 7,8% du total, devant la Serbie (Kosovo inclus), la Turquie, le Sri Lanka, la République démocratique du Congo et l'Arménie.

L'OFPRA a donné son accord à 551 personnes ; après recours la CNDA (Cour nationale des droits d'asile) a donné 688 accords supplémentaires.

Au 31 décembre 2008, le nombre d'immigrés russes en France sous protection de l'OFPRA était ainsi porté à 7288, dont 52% de femmes.

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"La demande russe est toujours composée à 80% de Tchétchènes ou de demandeurs originaires du Nord Caucase. Les demandeurs en provenance de Tchétchénie sont souvent des hommes très jeunes ou de jeunes couples. Les veuves ou les femmes invoquant la disparition de leur époux sont bien moins nombreuses que les années précédentes. Les profils sont bien moins variés que par le passé.

Tous mettent en avant le contexte local ainsi que des persécutions émanant presque exclusivement des autorités tchétchènes pro-russes. Les demandeurs invoquent le plus souvent une ou plusieurs arrestations et des détentions courtes (généralement de quelques jours), du fait de l'appartenance d'un proche à la guérilla. On note également une augmentation des situations liées à des cas de vendettas ou des arrestations arbitraires pour des motifs crapuleux.

Les autres demandeurs du Nord Caucase proviennent essentiellement du Daghestan ou d'Ingouchie. Les premiers invoquent souvent leurs origines koumykes, des soupçons d'aide à la guérilla tchétchène ou d'appartenance à une organisation wahhabite.

Hors Caucase, les demandeurs font essentiellement état de difficultés en raison de leurs origines juives, africaines ou de lien matrimonial avec un Africain.

Des Caucasiens de Moscou ou de Saint-Pétersbourg, essentiellement Arméniens ou Géorgiens, mettent en avant les discriminations, le racket ou les attaques racistes dont ils disent avoir été victimes.

L'Office reçoit toujours quelques dossiers plus politiques de personnes invoquant leur engagement dans l'opposition, souvent au niveau local, et affirmant craindre des persécutions pour avoir dénoncé des malversations ou des pratiques de corruption
".

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Bien que la Russie ne soit pas référencée dans la liste des pays d'origine sûrs (loi française du 10 décembre 2003), les procédures prioritaires ont été appliquées en 2008 pour 258 citoyens russes, dont 30 après mise en rétention.


Source OFPRA


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