Caucase : mois de mai, mois des retours à l'indépendance (1918)
2012-12-18

En 1918, après l'effondrement de la Russie tsariste, après une éphémère tentative de Fédération de Transcaucasie à tendance "sociale démocrate" pour le Caucase du Sud, la République des Montagnards du Nord Caucase, la République de Géorgie, la République d'Arménie et la République d'Azerbaïdjan proclament leur indépendance,

- le 11 mai pour le Nord Caucase,

- le 26 mai pour la Géorgie,

- le 28 mai pour l'Arménie,

- le 28 mai également pour l'Azerbaïdjan.

Des situations historiques différentes



Pour le Nord Caucase, c'est une première car même avant l'invasion russe du XIXe siècle, il ne s'était jamais fédéré.

Pour la Géorgie, c'est un retour à l'indépendance après l'annexion décidée par l'Empire russe en 1801 et réellement conquise militairement au milieu du XIXe siècle.

Pour l'Arménie, c'est également un retour à l'indépendance, mais avec la perte de la plus grande partie de son territoire située en Asie mineure et annexée par l'Empire ottoman en 1915, après un terrible génocide.

Pour l'Azerbaïdjan, séparé de l'Azerbaïdjan iranien -quatre à cinq fois plus important- après que l'Iran l'ait cédé à l'Empire russe, c'est une première proclamation d'indépendance.

Ces Etats ne se privent d'ailleurs pas de recourir aux armes l'un contre l'autre afin de régler leurs conflits frontaliers, donnant à l'Allemagne, puis à la Grande - Bretagne l'occasion d'intervenir militairement.

L'invasion par l'Armée rouge



En 1920 et 1921, le danger vient d'ailleurs : les armées de la Russie soviétique envahissent le Caucase et mettent fin aux indépendances. Afin de se concilier la neutralité de la Turquie, Lénine a auparavant conclu un traité secret avec Ataturk lui attribuant des districts arméniens et géorgiens.

A partir de 1991, après l'éclatement de l'URSS, les dates des 26 et 28 mai, occultées durant l'ère soviétique, sont à nouveau célébrées.

Des situations présentes différentes



Aujourd'hui, le Nord Caucase fait toujours l'objet d'une "guerre" de sécession de la part des nationalistes -encadrés par les mouvements islamistes-, surtout en Tchétchénie et en Ingouchie, mais aussi au Daghestan et en Kabardino-Balkarie.

La Géorgie, amputée des districts d'Aradahan et d'Artvin par les forces armées turques, de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par les forces armées russes, essaie de convaincre l'Union européenne de s'associer économiquement.

L' Arménie, amputée de sa partie méridionale, tente de se désenclaver de la Turquie et de l'Azerbaïdjan (à qui elle a repris le Haut Karabagh) par un "cordon ombilical" avec la Russie qui traverse la Géorgie : sa diaspora à l'étranger, particulièrement nombreuse, ne se prive pas de critiques.

L'Azerbaïdjan est certainement dans une meilleure position, avec des ressources en hydrocarbures convoitées par les pays grands consommateurs : elles lui permettent de se réarmer militairement et de faire planer la menace d'une reconquête du Haut Karabagh.

L'utopie d'une confédération caucasienne



L'utopie d'une confédération caucasienne (avec dans un 1er temps le Nord Caucase, la Géorgie et l'Azerbaïdjan). tampon entre la Turquie et la Russie, défendue au début des années 1920 par Aristide Briand (avec inclusion de l'Arménie), ensuite reprise par le Mouvement Prométée (soutien polonais) et par le groupe "Caucase" (soutien japonais et allemand), renaît parfois de ses cendres.

Elle reste une utopie, après l'installation de bases militaires russes dans le Nord Caucase (Vladikavcaz en particulier), en Ossétie du Sud (Tskhinvali), en Abkhazie (Soukhoumi) et en Arménie (Goumri), avec l'appartenance à l'OTAN de la Turquie et avec le souhait de la Géorgie de se porter candidate à l'adhésion à l'OTAN.

Voir aussi :

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