La religion catholique en Géorgie (août 2009)
2012-02-13

L'historique



Depuis l'évangélisation par Sainte Nino au IVème siècle, la Géorgie a toujours abrité des catholiques. Quand les Eglises orthodoxe et catholique se séparent, un évêque est nommé par Rome (1250). Les relations entre les religions sont traditionnellement bonnes jusqu'au début du XIXème siècle.

Elles se dégradent avec l'administration russe : tout ce qui n'est orthodoxe est pratiquement interdit, les catholiques se cachent sous le rite arménien.

Durant la période soviétique, les tensions s'accroissent encore et les prêtres catholiques sont martyrisés.

La nonciature est ouverte en 1993, l'administration apostolique l'est à son tour en 1994, mais la situation reste difficile. Tout orthodoxe surpris à une messe catholique est excommunié. Le pape Jean-Paul II ne peut prier avec le Catholicos Patriarche de Géorgie, Ilia II, lors de son voyage en 1999. Un synode catholique, tenu en 2006 - 2007, s'engage à développer l'esprit oecuménique, condition nécessaire pour une religion minoritaire.

La diminution du nombre de catholiques



Le baptême catholique, et les autres sacrements, ne sont pas validés par le clergé orthodoxe : un catholique qui épouse une orthodoxe doit se rebaptiser. Cinq églises catholiques confisquées à l'époque soviétique sont passées sous contrôle orthodoxe, sans espoir de retour. Aucune organisation religieuse autre que l'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie (qui a signé un concordat avec l'Etat) n'a de statut légal. En septembre 2003, les protestations du Patriarcat et les manifestations de masse qu'il organise empêchent la signature d'un accord entre le gouvernement géorgien et le Vatican : il aurait conduit à la reconnaissance de l'Eglise catholique. Cette dernière doit continuer à se définir comme une ONG.

L'évêque Giuseppe Pasatto parle de persécution lente : "tu es géorgien, tu dois être orthodoxe". Le nombre de catholiques tend à diminuer en Géorgie. Il est évalué à 35 000.

L'état de l'Eglise catholique en 2008



Les catholiques sont situés essentiellement à Tbilissi, dans le Sud du pays (Akhaltsikhé) et à l'Ouest (Iméréthie et Adjarie). Les rites sont célébrés selon trois modes, latin, syro-chaldéen et arménien par une vingtaine de prêtres, italiens, polonais et géorgiens, et par un prêtre français. Vingt-sept religieuses étrangères y sont expatriées.

Les formations de catéchistes, de futurs diacres et responsables de communautés, de prêtres sont assurées. L'institut de théologie est fréquenté par vingt catholiques et quatre-vingt orthodoxes. L'Eglise catholique édite de documents comme le catéchisme de l'Eglise universelle, les dictionnaires italien - géorgien, latin - géorgien, la Bible.

Des services sociaux sont pris en charge par Caritas et des communautés religieuses (camilliens, soeurs de Calcutta, salésiennes).

Globalement, la situation de l'Eglise catholique -dite romaine- reste difficile en Géorgie, compte-tenu de la situation économique qui pèse encore plus sur les minorités, de sa non-reconnaisance officielle par les pouvoirs publics et de l'oecuménisme limité de l'Eglise orthodoxe apostolique de Géorgie à son encontre.

Source : interview de trois soeurs de Sainte-Chrétienne, Marie-Noëlle, Gisèle et Pascaline se consacrant à l'animation de groupe de lecture de l'Evangile, à l'alphabétisation en français et au service social avec les infirmières de Caritas, par Mireille Picard du diocèse de Reims-Ardennes.