Dossier : la guerre russo-géorgienne d'août 2008
2013-02-05

I) Des relations historiques mouvementées. II) Les forces militaires en présence en août 2008. III) Les opérations. IV) Les bilans. V) Deux points de vue. VI) Quatre années de gel. VII) Et après ?

I) Des relations historiques mouvementées



Les tensions entre la Géorgie et la Russie sont apparues alors que les tsars russes étendaient leur empire au Nord et au Sud Caucase au début du XIXème siècle :

- [URL : 2268].

La chute de l'URSS ouvre à Tbilissi, en 1991, une nouvelle ère d'indépendance, mais la Russie continue à considérer que la Géorgie appartient à son "étranger proche". L'orientation pro-occidentale des présidents géorgiens Chévardnadzé et Saakachvili entraîne l'hostilité de Moscou :

- [URL : 2165].

Les relations bilatérales se dégradent après l'évacuation des bases militaires russes des villes géorgiennes d'Akhalkalaki et de Batoumi en 2006 / 2007 :

- [URL : 2252],

et avec la volonté fortement affichée par le président Saakachvili, en 2007, de rejoindre l'OTAN :

- [URL : 2562].

La Géorgie s'était retirée militairement de la CEI avant de s'en retirer pleinement en 2008 :

- [URL : 2092].

II) Les forces militaires en présence en août 2008



A la veille d'un conflit qui concernera les militaires sud ossètes, géorgiens, russes et abkhazes, les forces en présence sont les suivantes :

- [URL : 2864],

- [URL : 2865],

- [URL : 2866],

- [URL : 2867].


III) Les opérations



Le déroulement des opérations est couvert par les médias occidentaux, avec les restrictions d'usage :

- [URL : 2607].


IV) Les bilans



Les bilans humains de ce conflit, souvent empreints d'une forte désinformation, sont difficiles à établir. Pour ce qui concerne les victimes géorgiennes, les chiffres suivants sont avancés :

- [URL : 2616].

Les bilans politiques, toujours empreints de fortes propagandes, sont encore plus difficiles à établir. Deux points de vue s'opposent :

- [URL : 2642],

- [URL : 2629].

La mission d'enquête commanditée par l'U.E. partage les torts entre la Géorgie et la Russie, et permet aux deux parties d'entendre ce qu'elles veulent entendre :

- [URL : 2902].

Les scénarios officiels sont parfois différents des scénarios réels :

- [URL : 3166],

- [URL : 3167].

V) Deux points de vue



Pour les Géorgiens de France, comme pour ceux de Géorgie, les rois géorgiens attribuèrent à certains mercenaires ossètes des terres géorgiennes en récompense de leur bravoure aux combats à leur côté et afin de les vassaliser : les Sud Ossètes seraient ainsi des invités en "terre géorgienne" :

- [URL : 2608].

Pour les Ossètes de France, comme pour ceux d'Ossétie du Sud, le choix d'un rapprochement territorial avec l'Ossétie du Nord (Fédération de Russie), contrarié par la force au début des années 1920 et au début des années 1990, doit maintenant s'exprimer :

- [URL : 2625].

VI) Quatre années de gel



La victoire de la Russie n'est pas que militaire

. A court terme, le conflit a éloigné la candidature de la Géorgie à l'OTAN et certainement celle des autres pays appartenant à "l'étranger proche" russe, comme l'Ukraine. La Russie a par ailleurs signifié son retour diplomatique sur la scène internationale en négociant avec l'Union européenne et en faisant reconnaître de facto une présence russe dans le Sud Caucase :

- [URL : 2684].

Le pouvoir exécutif russe en place a enfin satisfait une opinion publique et une armée, lassées des difficultés économiques et budgétaires, et fait vibrer une corde nationaliste à son profit.

Vladimir Poutine se livre même à des confidences tardives

- [URL : 3930],

- [URL : 3933].

La défaite pour la Géorgie est amère

, même si le président géorgien s'en défend :

- [URL : 2664].

La sécession des provinces d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie se pérennise un peu plus : jour après jour, l'armée russe s'installe et leur indépendance ressemble à une annexion russe de fait :

- [URL : 2929],

- [URL : 3124],

- [URL : 3155],

- [URL : 3125],

- [URL : 3156],

- [URL : 3126].

Les grands alliés de la Géorgie, Etats-Unis (en fin d'administration Bush) et Union européenne, décidés à ménager la Russie pour raisons énergétiques et de menace iranienne, avait été d'un secours limité : faire échapper Tbilissi à la capitulation si telle en avait été la volonté russe.

La "dernière cartouche" géorgienne (selon les récents propos de l'ancien président Chévardnadzé) aurait pu être de s'opposer à l'entrée de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) : elle en avait statutairement le droit. La Géorgie a du céder en 2012, sous la pression des dits alliés qui ont un intérêt contraire.

Le pouvoir exécutif géorgien en place, controversé, pour sa décision d'avoir déclenché les opérations selon les uns, pour être tombé dans le piège russe selon les autres, s'est affaibli, même s'il a un temps fait vibrer la corde nationaliste.

Aujourd'hui, en pleine crise économique mondiale, le différend russo-géorgien est passé au second plan

,

- même si le Sénat américain -démocrates et républicains réunis- vote consciensieusement une résolution de soutien à la souveraineté et à l'intégrité territoriale géorgiennes :

- [URL : 3374],

- même si la Commision europénne négocie laborieusement un accord d'association avec la Géorgie dans le cadre du Partenariat oriental :

- [URL : 3200].

Les années se suivent, la situation reste gelée sur le terrain

:

- [URL : 3109],

- [URL : 3361],

- [URL : 3907].

VII) Et après?



Il reste à inventer une solution digne du XXIème siècle. autre que la guerre, pour la Géorgie, pour tout le Caucase du Sud, pour le Caucase du Nord et pour la Russie.

Qui aurait intérêt à ce que la poudrière s'enflamme à nouveau ?

Certains esprits indépendants en évaluent pourtant le risque à Moscou :

- [URL : 3390].

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Ce dossier a été réalisé par l'équipe rédactionnelle du website du Comité pour l'information sur l'Europe de l'Est

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Voir aussi :



- dossier de la Fondation pour la recherche stratégique, en particulier le rapport du général Gilles Gallet membre de la mission européenne :

[URL : http://www.frstrategie.org/barreFRS/publications/dossiers/caucase2/index.php]

- OTAN - UE : quel calcul ? par Pierre Verluise

[URL : http://www.diploweb.com/OTAN-UE-Georgie-quel-calcul.html].