Tchétchénie : Zarema Sadoulaeva (1977 - 2009), dirigeante humanitaire
2013-01-16

Le mardi 11 août 2009, à Grozny, après avoir été arrêtés par la police, Zarema Sadouleva (32 ans) et son mari Alik Djabrailov, ont été retrouvés morts dans le coffre de leur voiture.

Ils dirigeaient l'Organisation non gouvernementale tchétchène "Sauvons les générations", partenaire de l'UNICEF, dont la mission est depuis 2001 de tenter la réinsertion des enfants et des adolescents, invalides et orphelins, victimes des mines et des bombardements. Les soins physiques ou psychologiques dans le centre de réhabilitation de l'ONG, -local attribué par l'administration-, la pratique de la danse, du football ou du théâtre avaient permis de "sauver" plusieurs centaines d'entre eux.

Pour certains observateurs occidentaux, et le mouvement russe des droits de l'homme Memorial, la mise en scène signe un assassinat politique (corps de Zarema Sadouleva criblé de balles, celui d'Alik Djabrailov portant une balle dans la tête). Tout en ne manifestant aucune animosité vis-à-vis des autorités tchétchènes, en particulier vis-à-vis du président Ramzan Kadyrov, Zarema Sadouleva entretenait des contacts avec l'étranger, notamment avec la France où des témoignages cinématographiques avaient été diffusés.

Pour les autorités tchétchènes, l'hypothèse d'une vengeance contre Alik Djabrailov, indépendantiste repenti, est avancée ; elle est contredite par la "coutûme" tchétchène ne ciblant jamais les femmes.