Ukraine : tensions liées à la période pré-électorale (novembre 2009)
2011-10-12

Les élections présidentielles ukraïniennes sont prévues le 17 janvier 2010, sauf si la grippe A venait perturber la vie du pays. D'ici là la concurrence entre le Président sortant, Viktor Iouchtchenko, et la Première ministre, Ioulia Timochenko, est vive, sans oublier celle venant du candidat favorable à la Russie, Viktor Ianoukovitch.

Le 30 octobre, le président Viktor Iouchtchenko promulgue une loi augmentant

- au 1er novembre 2009, le salaire minimum ukraïnien de 11% et le minimum vital de 12% (l'inflation annuelle est de l'ordre de 10%),

- au 1er janvier 2010, le minimum vital de 18%.

Le Fonds monétaire international, qui a déjà versé à l'Ukraine une aide de 2 milliards de dollars et promis une troisième tranche de 2,3 milliards de dollars en 2009, et prévoit 16,9 milliards de dollars pour 2010, proteste estimant que la priorité est la remise en ordre des finances publiques.

En effet, le PIB de l'Ukraine chuterait de 15% en 2009 (baisse des prix de l'acier, emprunt excessif en devises étrangères) et amorcerait une timide croissance de 2,5% en 2010 : en attendant le FMI estime que l'orthodoxie budgétaire doit demeurer prioritaire.

Ces dispositions seraient de nature à gêner le futur président, Ioulia Timochenko ou Viktor Ianoukovitch, mieux placés dans les sondages que Viktor Iouchtchenko (1).

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Par contre, les tensions triangulaire Kiev - Moscou - Bruxelles se sont désamorcées le 7 novembre 2009 après que Moscou ait réglé à Kiev le droit de passage des gazoducs russes à destination de l'Union européenne (2,5 milliards de dollars), et Kiev ait réglé sa facture mensuelle de novembre de gaz russe (500 millions de dollars). L'Union européenne voit 25% de son approvisionnement en gaz transiter par l'Ukraine.

Note

: (1) Si seize candidats à l'élection présidentielle sont aujourd'hui déclarés, trois d'entre eux occupent le devant de la scène politique, Viktor Iouchtchenko, Président actuel, pro-occidental et bas dans les sondages, Ioulia Timochenko, Premier ministre et rivale du président après avoir été son alliée, Viktor Ianoukovitch, ancien Premier ministre, chef de l'opposition, proche de la Russie et en tête des sondages.