Union européenne : sommet avec la Russie le 18 novembre 2009 à Stockholm
2013-12-11

L'Union européenne et la Russie se réunissent le 18 novembre 2009 à Stockhom pour un sommet.

Sont à l'ordre du jour la sécurité énergétique, le réchauffement climatique et le commerce (1).

Qu'en attendre ?



Les perspectives de résultat sont limitées, tout au plus est-il envisagé un accord sur "un mécanisme d'alerte rapide" visant à prévenir les crises concernant les livraisons de gaz russe aux pays européens (25% de leur consommation en moyenne).

Les pays de transit des gazoducs, comme l'Ukraine (où la Russie veut éliminer le président sortant proeuropéen Viktor Ioutchenko lors des prochaines élections), n'étant pas associés et aucune garantie n'étant apportée par la partie russe, ce mécanisme risque d'être plus "diplomatique" qu'"opérationnel".

Le rôle de la Présidence suédoise de l'U.E.



Les débats seront difficile entre la Suède, présidente de l'U.E. pour six mois, et la Russie : ils s'apparenteront à un dialogue de sourds.

La présidence européenne, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, défend d'une part les droits de l'homme et leur élargissement à la Russie (2), et d'autre part l'intégrité territoriale de la Géorgie (3).

La présidence russe réplique par les droits des minorités russes à l'étranger, plus particulièrement dans les pays baltes, et par le droit à l'indépendance des républiques autoproclamées d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.

Quelle crédibilité à ce genre de sommet ?



La crédibilité de ce genre de sommet demeure faible,

Au sein de l'Union européenne la politique étrangère ne fait pas consensus, d'une part l'axe franco-allemand veut ménager des bonnes relations avec la Russie, d'autres part la plupart des "petits" pays croient toujours à la menace russe, en particulier après les évènements d'août 2008.

Le président russe, Dmitri Medvedev, s'accommode bien de ces divisions. La Russie traite de ses intérêts directement avec les grands pays de l'Union européenne (Allemagne et Italie pour les questions politiques et l'énergie, France pour les questions politiques) et contourne ostensiblement les "petits" pays, surtout ceux qui faisaient partie de l'ex-Pacte de Varsovie.

Reste qu'il vaut certainement mieux s'asseoir périodiquement à la même table.

Notes



(1) La présidence européenne souhaiterait obtenir des clarifications sur les récentes mesures protectionnistes russes (la Russie n'est pas membre de l'Organisation mondiale du commerce) et sur le projet d'union douanière entre la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan.

(2) La minisitre suédoise aux Affaires européennes, Cécilia Malmström, a récemment déclaré que "la situation des droits de l'homme est très préoccupante en Russie".

(3) Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, avait évoqué Adolf Hitler et son invasion en Europe centrale à propos de l'offensive russe en Géorgie en août 2008.

Voir aussi

[URL : 2890]