Russie : nouvelle architecture de sécurité en Europe proposée à l'OSCE et à l'OTAN (décembre 2009)
2013-12-26

Proposée le 1er décembre 2009 à Athènes aux membres de l'OSCE et le 4 décembre à Bruxelles aux membres de l'OTAN, "la nouvelle architecture de sécurité européenne" élaborée par la Russie a recueilli de multiples réserves.

Paris a "pris note de l'initiative russe" et est "prêt à l'examiner, tout en rappelant que la France et ses alliés privilégient le renforcement des institutions existantes et le respect des engagements pris".

Pour le journal

Le Monde

du 2 décembre, à la signature de Natalie Nougyrède,

"La Russie semble formaliser sa volonté d'obtenir un droit de regard sur les choix d'alliance ou de politique étrangère d'autres Etats, singulièrement ceux de l'ex-URSS, région qu'elle a qualifiée en 2008 de zone d'intérêts privilégiés. Elle entend avoir son mot à dire sur les options que pourraient prendre l'OTAN ou l'UE concernant la sécurité".

Pour le journal

Le Figaro

du 4 décembre, à la signature d'Isabelle Lassere et d'Alain Barluet,

"Après l'enceinte de l'OSCE la semaine dernière, c'est à la tribune de l'OTAN que la diplomatie russe a tenté -sans grand succès- de pousser vendredi son projet de refonte de l'architecture de sécurité en Europe. Dans leur nouveau traité, les Russes proposent de mettre en oeuvre sur le continent un principe de sécurité indivisible selon lequel toute mesure de sécurité prise par un Etat, ou par une organisation, devra prendre en compte les intérêts de sécurité des autres parties membres du traité".

Les anciennes républiques soviétiques devenues indépendantes accueillent assez mal ces propositions russes, elles passeraient en language diplomatique de "l'étranger proche russe" à "la zone d'intérêts privilégiés russes".

Certains experts en sécurité européenne constatent que la Russie a bloqué les missions de l'OSCE et des Nations unies dans le Caucase, et ne permet toujours pas aux observateurs de l'Union européenne de pénétrer sur le territoire abkhaze et sud ossète, où elle a implanté durablement plusieurs milliers de soldats.

A ce sujet, d'autres rappellent la fameuse phrase attribuée à Khroutchev envers Kennedy, "ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est négociable".

Enfin Thorniké Gordadzé, chercheur à l'Institut français d'études anatoliennes, à Bakou, cité par

Le Figaro

, déclare :

"Moscou cherche en fait à obtenir un veto pour bloquer tous les projets de sécurité commune sur le territoire de l'Europe et empêcher l'élargissement de l'Otan à l'Est".

Il reste que l'OTAN a réactivé ses relations avec la Russie, le 4 décembre à Bruxelles, relations interrompues depuis août 2008.