Abkhazie : Sergueï Bagapch (1949-2011), ancien président de la république autoproclamée
2012-03-12

Sergueï Bagapsh

Sergueï Bagapch est né le 4 mars 1949 en Abkhazie, à l'époque région de la Géorgie.

Un notable soviétique



Après son service militaire dans l'Armée rouge en 1972, il prend d'abord en charge l'information au sein du comité central du Komsomol (Jeunesses communistes) de Géorgie en 1978, avant de devenir premier secrétaire du Komsomol d'Abkhazie en 1980.

Il est nommé premier secrétaire du Parti communiste à Otchamtchira (port d'Abkhazie situé à 50 kilomètres à l'Est de la capitale Soukhoumi) en 1982 et devient premier vice-président du soviet de la république autonome d'Abkhazie en 1992.

Premier ministre



En avril 1997, le président de la république autoproclamée d'Abkhazie, Vladislav Ardzinba, le nomme premier ministre : il occupe ce poste jusqu'en juin 1999.

Une première élection présidentielle psycho-dramatique



Le 3 octobre 2004, il se présente aux élections présidentielles et est déclaré d'abord battu contre le candidat de Moscou, Raoul Khadjimba (1). Après un feuilleton politique qui voit la nomination par Vladimir Poutine d'un fonctionnaire russe comme premier ministre abkhaze, un nouveau scrutin est organisé le 12 janvier 2005 : il est élu président, avec Raoul Khadjimba comme vice-président (2). Ce dernier démissionnera ensuite.

Le premier mandat présidentiel



Il continue la politique de son prédécesseur et collabore avec la Russie, généralisation du passeport russe aux citoyens abkhazes (les citoyens géorgiens perdant ainsi leurs droits "administratifs"), généralisation de la langue russe dans l'administration abkhaze, utilisation de la monnaie russe comme monnaie nationale abkhaze, appel à l'Etat russe pour le versement des pensions, appel aux investisseurs russes sur le plan économique.

Durant la guerre russo-géorgienne d''août 2008, il fait adjoindre un détachement de militaires abkhazes aux troupes russes débarquées afin de "libérer" la haute vallée du Kodori, petite partie de l'Abkhazie sous contrôle géorgien (3).

Il donne ensuite son accord pour l'établissement à long terme de bases militaires russes sur le territoire abkhaze, dont un port qui pourrait permettre à la Russie de disposer d'une solution de repli pour sa marine de guerre en mer Noire au cas où l'Ukraine ne renouvellerait pas le bail du port de Sébastopol (4). A fin 2009, ces bases militaires russes compteraient 3 600 hommes.

Il donne aussi son accord pour le déploiement de gardes-côtes russes afin de surveiller les eaux territoriales abkhazes : une dizaine de vedettes sont prévues. Les deux premières arrivent le 11 décembre 2009 dans le port d'Otchamtchira (5) .

Il fait céder pour 10 ans les chemins de fer abkhazes à la Russie, ainsi que l'aménagement de l'aéroport de Soukhoumi en prévision du désengorgement de l'aéroport de Sotchi (anciennement en Abkhazie) lors des Jeux Olympiques d'hiver de 2014.

Grâce à la Russie, il fait reconnaïtre l'indépendance de l'Abkhazie au Nicaragua et au Vénézuela, et la fait "étudier" à l'Equateur et à la Biélorussie (6).

Un second mandat



Le 12 décembre 2009, il est réélu president de la république abkhaze contre son rival Raoul Khadjimba, sans que cette fois Moscou n'ait pris partie pour l'un ou l'autre candidat (7).

Il meurt le 8 mai 2011 dans un hôpital de Moscou à la suite d'une opération chirurgicale du poumon ; il est inhumé le 2 juin dans son village natal de Jguiarda, près d'Otchamtchira, en Abkhazie.

*

Il était marié et père de deux enfants.

Notes

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(1) [URL : 1546]

(2) [URL : 1653]

(3) [URL : 2867]

(4) [URL : 2661]

(5) [URL : 2929]

(6) La plus petite république du monde, l'île de Nauru, dans l'océan Pacifique, se serait également engagée à reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie en échange d'une aide financière russe (Source LeJDD du 14.12.09).

(7) [URL : 2930]