Elissé Pataridzé (1896-1975), ancien président de l'Association géorgienne en France
2011-12-06

Elissé Pataridzé est né en Géorgie le 16 juin 1896 à Nagarevi, village situé près de Koutaïssi, de Makriné Ougrékhélidzé et d'Arkhipé Pataridzé.

Il effectue ses études primaires et secondaires à Koutaïssi. Il entre à l'Université de Tbilissi en 1918. Il en sort diplômé de droit et d'économie en 1922, après l'invasion de la Géorgie par les armées de la Russie soviétique.

Une participation active à l'insurrection nationale de 1924



Il commence à préparer une thèse, mais séduit par les idées nationales démocrates, il entre en résistance et participe activement à la préparation de l'insurrection nationale d'août 1924 (1).

Arrêté par la police politique soviétique, "la Tchéka", et incarcéré à la prison de Métékhi, il s'enfuit et se cache dans les forêts d'Imérétie, avant de prendre le chemin de la Turquie.

L'exil définitif



Le 15 décembre 1924, il embarque à Constantinople à bord du bateau "Millet", avec une promesse d'embauche du Consulat français par l'entreprise "Chagnaud", et débarque le 25 décembre 1924 à Marseille.

Le 16 juin 1925, il trouve un emploi, comme beaucoup de ses compatriotes, auprès des Etablissements Peugeot frères, d'abord à Valentigney (Doubs), puis à Paris (2).

Le 1er mars 1938, il épouse Thamar Alchibaya, avec qui il aura trois enfants, Thinathine, Goulnara et Othar.

En 1945, il crée son propre commerce, une épicerie de détail, à Paris dans le XVème arrondissement.

Président de l'Association géorgienne en France de 1955 à 1961



Il est élu président de l'Association géorgienne en France en 1955.

Son action est principalement orientée vers la commémoration des dates historiques géorgiennes, à savoir le 26 mai 1918 (restauration de l'indépendance sous forme de République démocratique marquant le retour du pays dans le concert des Nations souveraines), le 11 février 1921 (hommage aux victimes de l'invasion par les X et XIémes armées de la Russie soviétique) et le 28 août 1924 (hommage aux victimes de l'insurrection nationale.

Le 27 février 1960, à l'occasion de la visite à Paris du président Nikita Khroutchev, il est expulsé du territoire métropolitain par un arrêté du ministère de l'Intérieur et assigné à résidence dans la petite ville d'Evisa en Corse, tout comme une trentaine de ses compatriotes dont Lévan Zourabichvili qui lui succèdera en avril 1961 (4).

Le 25 février 1961, il est à l'origine du manifeste "Appel au monde civilisé" distribué au Palais de l'OTAN à Paris à l'occasion de la conférence sur "La guerre politique des Soviets".

Journaliste et écrivain



En 1949, il participe à la création du journal "Iveria", organe du Parti national-démocrate en France, dont il prend la direction en 1950 à la suite d'Alexandre Assathiani.

Ecrivain et poète, il publie dans de nombreuses revues et journaux géorgiens, dont "Samchoblo" (La Patrie).

Amoureux et respectueux de la démocratie, il publie en 1938 un essai "Demokratiozni". A la dernière page, il laisse une pensée de méditation à ses compatriotes :

"Il nous a été donné de naître Géorgien et c'est en vertu de cet acte suprême que nous sommes redevables envers le peuple géorgien et la Géorgie, de tout ce qui nous a été transmis au cours des siècles tant par l'histoire que par nos ancêtres".

Il meurt le 10 janvier 1975, le même jour que son successeur Lévan Zourabichvili, et repose dans le "carré géorgien" du cimetière communal de Leuville-sur-Orge (5).

M.M.

*

Source : Othar Pataridzé.

*

Notes

:

(1) Kakoutsa Tcholokhachvili, colonel dans l'armée géorgienne, a été l'une des figures de proue de l'insurrection nationale de 1924. Elissé Pataridzé lui restera fidèle, considérant qu'il symbolise la résistance des Géorgiens sur le terrain.

(2) Une photographie prise à Sochaux en 1930 montre une partie des travailleurs géorgiens des Etablissements Peugeot frères :

[URL : http://www.samchoblo.org/agf_sochaux.htm]

(3) Voir

- [URL : 2511]

- [URL : 2923]

(4) Voir [URL : 2942]

(5) Voir [URL : 1646]

Retour à [URL : 1615]