Lévan Zourabichvili (1906-1975), ancien président de l'Association géorgienne en France
2012-01-11

Lévan Zourabichvili est né à Tbilissi le 19 juin 1906.

Il est le fils cadet de Nino Nicoladzé (1873-1959), pédagogue et publiciste, et d'Ivane Zourabichvili (1872-1940), avocat, membre du Parti national démocrate géorgien et député de l'Assemblée constituante (1918-1921) (1).

L'exil à 15 ans



En 1921, après l'invasion de la Géorgie par l'armée de la Russie soviétique, la famille Zourabichvili s'exile à Constantinople. Levan devient élève du Collège Saint Michel tenu par les Frères des Ecoles chrétiennes.

En 1924, elle rejoint Paris (2). Levan poursuit ses études au Collège Sainte Barbe.

En 1928, il intègre l'Ecole nationale supérieure des Mines

Il se marie avec Zeïnab Kedia : ils auront deux enfants, Othar qui deviendra à son tour président de l'Association géorgienne en France et Salomé qui deviendra ministre géorgien des Affaires étrangères.

La vie professionnelle



Diplômé ingénieur civil des Mines en 1931, il conduit durant 39 années une carrière de cadre supérieur dans la construction automobile française, chez Simca - Chrysler France.

Il est l'un des fondateurs de l'association "Amicale des anciens de Chrysler France".

La cause géorgienne



En 1928, il est élu président des étudiants géorgiens de France.

En 1929, il est l'un des fondateurs de la Paroisse orthodoxe géorgienne Sainte Nino de Paris, avec Ilamaz Dadéchkéliani et Joseph de Kémoularia.

En 1930, il est secrétaire du Comité d'aide aux chômeurs géorgiens.

En 1934, il est élu président du Cercle des jeunesses géorgiennes.

En 1947, il est élu président de l'Union des Géorgiens libres, puis dirige le Centre national politique géorgien à l'étranger.

Il est l'un des fondateurs de la Maison de retraite d'Abondant, avec M. Sozontiev et l'Abbé Glazberg (Foundation of International Reffugee Organization).

Il publie de nombreux articles touchant à la vie culturelle et politique géorgienne : il est membre de la rédaction du journal "La Tribune de la Liberté".

Une présidence de quatorze années



Il est président de l'Association géorgienne en France de 1961 à 1975. Hormis Wakhtang Hambachidzé, il a été le président le plus longtemps en poste.

Outre les commémorations des dates historiques géorgiennes, 26 mai 1918 (restauration de l'indépendance), février 1921 (hommage aux victimes de l'invasion par les armées de la Russie soviétique), août 1924 (hommage aux victimes de l'insurrection nationale), il témoigne durant son mandat de la résistance du peuple géorgien à l'occupation soviétique.

En effet , la "guerre froide" continue de battre son plein. Si les interventions des chars soviétiques en Hongrie en 1954 et en Tchécoslovaquie en 1968 ont mobilisé les médias occidentaux, les tentatives renouvelées de russification de la Géorgie et les manifestations ainsi déclenchées y trouvent peu d'écho. L'Association géorgienne en France, sous l'impulsion énergique de son président, s'emploie durant ces années à ce que la cause géorgienne ne soit pas oubliée.

Les visites de dirigeants soviétiques à Paris sont une opportunité pour les membres de la communauté géorgienne de la rappeler à l'opinion publique par des manifestations, même si parfois certains d'entre eux sont éloignés préventivement par la police française comme lors de la venue de Nikita Khroutchev en février 1960.

A la suite de ses prédécesseurs, Lévan Zourabichvili consolide auprès des maires de Leuville-sur-Orge, Raymond Faure jusqu'en 1971 et Claude Hamann jusqu'en 1975, l'existence du "carré géorgien" au sein du cimetière communal (3).

Un hommage exceptionnel



Il meurt à Saint Germain en Laye le 10 février 1975 (4).

L'office religieux est célébré à l'Eglise Sainte Nino de Paris le 14 février par le Père Elie Mélia en présence d'une nombreuse assistance, dont Monseigneur Meletios, métropolite de l'Eglise orthodoxe de France (5). Levan Zourabichvili reçoit, à titre posthume, la Croix du Millénaire du Mont-Athos attribuée par le Patriarcat oecuménique de Constantinople.

Les obsèques ont lieu le 15 février au "carré géorgien" du cimetière communal de Leuville-sur-Orge.

M.M.

Sources



- archives familiales,

- Journal "La Tribune de la Liberté" n°7 (1975).

Notes



(1) [URL : 2495]

(2) [URL : 1720]

(3) [URL : 1646]

(4) Parmi les nombreux messages de condoléances figurent ceux d'Alain Poher (président du Sénat français), de René Pleven (ancien président du Conseil des ministres de la République française), de Charles Lucet (ambassadeur de France), Arthur Conte (écrivain), Jean Dumezil (professeur au Collège de France) et des communautés géorgiennes de l'étranger (Allemagne fédérale, Argentine, Belgique, Espagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Iran, Israël, Suisse).

(5) Les éloges funèbres sont prononcées en français par Victor Homériki (vice-président de l'Association géorgienne en France), Slava Stetsko (épouse de l'ancien Premier ministre d'Ukraine), le Lieutenant-colonel Mignot, Guia Sardjvéladzé et en géorgien par Victor Nosadzé (revue Kavkassioni), Noé Tsintsadzé (ancien ministre), Michel Kavtaradzé (Parti national démocrate), Georges Kipiani (homme de lettres).

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Voir aussi

: photographie de Lévan Zourabichvili

- [URL : http://www.samchoblo.org/agf_levan.htm]