Le Turkménistan se libére de la tutelle russe pour l'exportation du gaz au profit de la Chine.
2012-01-04

Depuis l'époque de l'URSS, Moscou conservait le monopole de l'exportation des hydrocarbures d'Asie centrale : cette donne change suite à l'action diplomatique récente de Pékin. La Chine n'est pas la seule à lorgner sur ce monople russe puisque les pays occidentaux verraient bien le projet de gazoduc européen NABUCCO accéder aux réserves gazières d'Asie centrale.

Un gazoduc géant entre le Turkménistan et la Chine



Un gazoduc de 4 500 kilomètres relie depuis le 14 décembre 2009 le champ gazier turkmène de Saman Dépé à Shanghaï, en empruntant le territoire ouzbek, kazakh et chinois.

Il livrera 6 milliards de mètres cubes en 2010, atteindra 40 milliards de mètres cubes en 2015 et couvrira alors près de la moitié des besoins chinois.

Il a été financé par la Banque chinoise du développement.

D'autres projets chinois dans la région



La prospection du champ gazier turkmène du Yolotan-Osman bénéficie d'un prêt chinois de 3 milliards de dollars.

Des intérêts chinois (China National Petroleum Corporation) ont pris le contrôle de PetroKazakhstan et de MangistauMunaïGaz en échange d'une ligne de crédit de 10 milliards de dollars au Kazakhstan. En 2011, un oléoduc livrera le pétrole kazakh à la province voisine chinoise du Xingjiang au rythme de 20 millions de tonnes par an.

Une action diplomatique chinoise intensifiée dans la région



Le président chinois, Hu Jintao, en tissant des liens avec ses homologues d'Asie centrale, dernièrement avec le turkmène Gurbanguly Berdimukhammedov et avec le kazakh Nursultan Nazarbayev, cherche non seulement à stabiliser le Xingjiang, -province musulmane objet de troubles récurrents-, mais à acquérir de nouveaux marchés pour les produits industriels chinois.

Avec la prudence caractéristique de la diplomatie chinoise, puisque Pékin n'a pas hésité à prendre en charge à la demande russe le financement d'un oléoduc reliant la Russie à la Chine et lancé en construction début 2009.

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L'équilibre de la région semble se déplacer progressivement de Moscou vers Pékin : les autorités chinoises n'ont-elles pas dissuadé les républiques d'Asie centrale membres de l'Organisation de coopération de Shanghaï, toutes anciennes républiques de l'ex-URSS, de reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud malgré le souhait des autorités russes ?

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