Les enjeux des élections législatives de septembre 2002 en Slovaquie
2003-04-23

Les enjeux des élections législatives de septembre 2002



Outre l'intégration au sein de l'Union européenne et dans l'OTAN, l'approfondissement et la stabilisation de la démocratie constituent un des enjeux majeurs des élections législatives slovaques qui se tiendront le 15 septembre.

En visite à Bratislava au mois de mai dernier,

Günther Verheugen

, commissaire européen à l'élargissement, déclarait : "La Slovaquie, non seulement a rattrapé les autres candidats qui avaient commencé plus tôt les négociations, mais se trouve maintenant parmi les premiers pays sur le chemin menant à l'intégration". Néanmoins, estimant que les progrès slovaques n'ont été possibles que grâce à "la profonde confiance internationale" accordée au gouvernement de Mikulas Dzurinda et au Président Rudolf Schuster, Günter Verheugen a, sans citer le nom de l'ex-Premier ministre Vladimir Meciar, laissé entendre qu'un mauvais vote lors des élections législatives de septembre pourrait "menacer les ambitions de la Slovaquie de rejoindre l'Union européenne". En effet, deux mois après les élections slovaques se tiendra le sommet de Prague qui décidera de l'intégration de la Slovaquie (et d'autres pays) à l'OTAN avant qu'en décembre les Quinze n'arrêtent la liste de la première vague des pays qui les rejoindront en 2004 au sein de l'Union.

A la veille du scrutin, trois groupes politiques différents peuvent être distingués sur la scène politique slovaque :

- Le premier est constitué par le

HZDS de Vladimir Meciar

. Il reste la formation politique la plus stable, bénéficiant du soutien constant d'environ un tiers des électeurs et recueille actuellement selon tous les sondages le plus grand nombre d'intentions de votes. Le HZDS est arrivé largement en tête des premières élections régionales depuis l'indépendance qui se sont déroulées en décembre dernier, s'imposant dans cinq des huit régions lors du premier tour (élection des 401 membres des conseils régionaux) et remportant six des sept postes de gouverneurs (président du conseil régional) au second tour, la coalition gouvernementale (ex-SDK devenue la SDKU, Union démocratique et chrétienne slovaque) n'en obtenant qu'un seul.

- Le deuxième regroupe les

nouveaux partis

. Deux nouvelles formations se sont en effet créées cette dernière année. Le

SMER

(qui signifie "Direction") est situé plutôt à gauche. Mais lors des élections régionales de décembre 2001, il s'est associé avec le parti de Vladimir Meciar dans deux régions. Fondé par un ancien membre du Parti de la gauche démocratique (SDL) Robert Fico, il constitue aujourd?hui le deuxième parti du pays selon les enquêtes d?opinion. Par ailleurs, l'

ANO

(Alliance du nouveau citoyen) a été créée par Pavol Rusko, propriétaire de la première télévision privée slovaque.

- Enfin, le troisième est formé par le

SDKU du Premier ministre Mikulas Dzurinda

, en perte de vitesse.

2.761 candidats représentant vingt-six partis et formations politiques, dont seuls une dizaine ont des chances de passer le seuil d'éligibilité, brigueront les suffrages des quelques quatre millions d'électeurs slovaques les 20 et 21 septembre prochains. L'ensemble de ces formations (y compris le parti de Vladimir Meciar récemment revenu sur ses positions anti-européennes et aujourd'hui favorable à Bruxelles) déclarent avoir pour principal objectif l'entrée de la Slovaquie dans l'Union européenne, une intégration souhaitée également par une grande majorité de la population (81 % selon les derniers sondages). Il reste donc difficile de savoir ce qui fera la différence auprès des électeurs slovaques.




(D'après le dossier établi par Corinne Deloy pour la Fondation Robert Schuman)